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Bob Dylan - Brussels 1987
(compte-rendu)



Voici ce que Bob a raconté un jour à Bruxelles, c’était en 1987 :

C’est la saison des cartes postales et je me pends à ton cou, princesse ! Tes secrets ne sont plus de notre époque. C’est sur toi que j’ai jeté mon dévolu de la servitude. Tu seras ma nouvelle Maggie, tes désirs seront mes nouvelles cloisons. Je serais le crucifié de la croix de ton pendentif. Tu sais, je ne t’ai jamais pu te regarder car ton image enflamme ma cervelle passionnée. Viens avec moi griller mes jours. Le rire du carillon libérera nos rougeurs. Sa mélodie est maintenant plus lente : le ciel est à jamais noir pour Hattie, et, William fera la fête dans six mois. Et moi, demain ? Je ne serai déjà plus dans ton sillage. Sans doute, je me suis trop exotique, et me perdrai en déambulation sur quelques nouveaux ports étrangers. Mais je sais que ce blues ne durera pas et que mon amour envers toi resplendira encore. Dans combien de temps, me dis-tu ? J’ai juste besoin d’écouter le vent et de comprendre les vies qui sillonnent mon jardin. Alors oui, je viendrai à toi, tous mes sens vigilants éclos.

Kreaturrr
(31 juillet 2004)
© IDDN 2005

Le poème traduit





Bob Dylan w/ Tom Petty and the Heartbreakers ; 10-08-1987, Vorst Nationaal, Brussels, Belgium
Setlist : Desolation Row / Like A Rolling Stone / The Times They Are A-Changin' / Gotta Serve Somebody / Maggie's Farm / Senor (Tales Of Yankee Power) / I Want You / Pledging My Time / Chimes Of Freedom / The Lonesome Death Of Hattie Carroll / Don't Think Twice, It's All Right / I And I / Shot Of Love / Blowin' In The Wind / Man Gave Names To All The Animals / In The Garden




Quelques commentaires à mon texte

From: "Claude CHINA"
Date: Sat Jul 31, 2004 1:11 pm
Subject: RE: [bob_dylan_in_french] Un jour à Bruxelles, en 1987 ....

Bruxelles, 8/10/1987 !
J’avais vu le Zim quelques semaines plus tôt à Rotterdam et étais ressorti de l’Ahoy (encore un vélodrome à cette époque) profondément déçu, sinon meurtri …
Sous l’influence certaine du Captain Trip, Bob avait (re)plongé dans les drogues dures et les concerts de cet automne allaient souffler le chaud et le froid.
14 chansons expédiées en une heure et une sortie précipitée, abandonnant Tom Petty & the Heartbreakers. Ils en restèrent tout penauds, se demandant un bon moment s’ils devaient rester ou quitter la scène eux-aussi. Bref, le concert fut si court qu’à 1 h. du mat. j’étais déjà arrivé aux Fêtes de Wallonie à Namur ...
Le 8 octobre suivant, Bob jouait pour la première fois à Forest National à Bruxelles. Pour que leur déception soit moins intense que la mienne, j’avertissais mes voisins du désastre hollandais. Et Bob s’amène portant mitaines et bandeau noir pour soutenir des dreadlocks. Boum, la claque : une version courte de
Desolation Row et LARS d’entrée de jeu – un peu comme un athlète qui tente de battre le record du monde à son premier essai ; Bob qui exhorte ses choristes ; Bob rejoint par Roger McGuinn pour Chimes of Freedom ; Bob qui chante les deux chansons acoustiques (Hattie Carroll & Don’t think twice) si près du bord de la scène que Mike Campbell est obligé de jouer le dos au public, les talons dans le vide, de manière à pouvoir lire le jeu de Bob et de refiler les accords à Benmont Tench ; Bob qui revient pour les rappels, saisit sa guitare et se lance dans Blowin’ alors que pas encore un seul Heartbreakers ne l’a encore rejoint sur scène et que, derrière lui, çà panique et court dans tous les sens ; Bob, quittant la scène sans un merci, qui réalise d’un coup quel grand concert c’était et, déjà caché par les amplis pour les spectateurs à gauche de la scène, le corps penché en arrière - dans une pause rappelant celle de Cream sur la pochette de Goodbye - nous fait un ample geste de la main assorti d’un immense sourire. Et moi qui me fait presque engueuler : " T’appelles çà un mauvais concert ! " .
Mais non ! J’ai revu le Zim une cinquantaine de fois depuis mais ce concert restera toujours mon préféré, mon coup de cœur après trois semaines de doute !
Et apparemment je ne suis pas le seul …
Là-dessus, je me sens d’humeur à écluser quelques krieks Cantillon, Lifman ou même Belle-Vue. RV au Roy d’Espagne …
P.S. Manifestement le crû 2004 ne vous a pas laissé d’aussi grands souvenirs … Mais franchement aucun d’entre nous n’était présent à ce qui était sûrement son plus beau concert de cet été européen : les quelques notes d’harmonica soufflées dans un hôpital pour enfants à Belfast … Le Bob digne et pudique que j’aime …
CC

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From: "frankielee" 
Date: Sun Aug 1, 2004 3:24 am
Subject: RE: [bob_dylan_in_french] Un jour à Bruxelles, en 1987 ....

Merci Claude pour ta review de ce concert qui est très bon sur cd (si tu ne l'as pas ça peut s'arranger...), et était encore mieux "live" sûrement.
Pourtant il y a une chose qui me gêne, c'est que tu reprends cette vieille rumeur française comme quoi Dylan était un adepte des drogues dures. Je dis rumeur "française" car absolument aucun auteur anglophone de bouquins sur Dylan n'a jamais avancé cette affirmation.
Apparemment cette rumeur a son origine dans les écrits et interviews de A.J.Weberman, mythomane notoire dont j'ai déjà dit tout le bien que je pensais il y a quelques mois sur ce groupe. Ce type a su faire sa pub', ce qui a beaucoup plu à quelques journalistes français avides de sensations et en mal de romantisme (si tant est que ce soit romantique de se droguer?), si bien que tout ce qu'il a affirmé a été pris pour argent comptant ici, en France, en particulier que Dylan est un héroïnomane.
Si Dylan avait eu ou avait encore cette habitude, ça se saurait. On l'a su pour Keith Richards, David Bowie, Nick Cave, Robert Smith, etc., je ne vois pas pourquoi on le saurait pas pour Dylan. Il a admis en 1978 avoir touché à tout dans les années 60, cela ne veut pas dire qu'il a continué.
De plus, laisser entendre qu'il a été influencé par Jerry Garcia en 1987, c'est un peu gros : Dylan et Garcia se connaissaient depuis des années, Dylan avait 46 ans en 1987, il avait eu accès à tout ce qu'il voulait dès l'âge de 21 ans, et il se serait laissé influencé par son pote juste à cette époque... excuse-moi mais ça ne tient pas debout. Si Dylan avait voulu se droguer il n'avait pas besoin de Garcia.
Son comportement en 1987 peut avoir beaucoup d'autres causes, peut-être en rapport avec son nouveau mariage et la naissance d'une fille en 1986.
Tout ça pour dire que rien ne permet d'affirmer que Dylan "a plongé dans les drogues dures", à moins que tu veuilles dire l'alcool ou les amphétamines, ça on sait qu'il en a été adepte pendant des années.
Le jour où Paul Williams, Clinton Heylin, Michael Gray, et d'autres auteurs sérieux écriront ça, je commencerai à le croire, en attendant, ce n'est pas Skorecki qui va me faire changer d'avis.

Ah, au fait, Montauban était très bon, de l'avis de ceux qui avaient vu dylan des dizaines de fois et aussi de ceux qui le voyaient pour la 1ère, 2ème ou 3ème fois, et moi je crois avoir vu quelques concerts aussi bons que celui de Bruxelles 1987, le 1er Berkeley 2002 par exemple, mais c'est toujours un peu personnel...
Bon dimanche,
FG
http://www.bobdylan-fr.com/

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From: "Claude CHINA"
Date: Sun Aug 1, 2004 9:12 am
Subject: Un jour à Bruxelles, en 1987 ....

Bonsoir François,
Ma review était une réponse au poème de Kreaturrr qui manifestement est resté hermétique pour ceux qui soit n'étaient pas à Bruxelles, soit non pas
relu la play-list de ce soir-là.
En ce qui concerne la drogue, il est certain qu'il s'est passé quelque chose entre les deux tournées avec Tom Petty & the Heartbreakers.
En 1986, Bob est clean ; la preuve en est, selon moi, que la tournée passe par le Japon.
En 1987, les photos du livre Temples in flames sont particulièrement éloquentes et parlent d'elles-mêmes.
Que s'est-il donc passé ???
Dylan était une star aux States où il a tourné de 1974 à 1981, exception faite de la (Renaldo & Clara) en 1977.
Et puis c'est le flop incompréhensible. Infidels - album pour lequel j'ai toujours eu une grande faiblesse - ne marche pas et la tournée de 1986
Dylan-Petty, pourtant comparés à l'aigle américain à double tête, ne lui rend pas son rang. D'un coup, Dylan est devenu, sans raison apparente, un
has-been. Springsteen est l'avenir du rock, plus lui !
Dés lors, Bob a besoin de faire le point comme en 1967. A mon sens, il le fera mais avec une démarche opposée à celle de 20 ans auparavant.
En mars/avril 1987, Bob répète à San Rafaël avec le Dead avec lequel il va ensuite, en juillet, jouer 6 concerts - que j'aime énormément.
Alors difficile de ne pas penser que les habitudes de Jerry Garcia et ses acolytes reconnaissants n'ont pas eu une influence sur Bob qui a besoin d'évacuer une frustration légitime ...
Cette théorie qui n'a rien à voir avec Weberman est non seulement plausible mais, à mon humble connaissance, la seule qui explique une dépendance.
La coïncidence des dates ne m'apparaît pas fortuite, au contraire de celle de son éventuel second mariage avec l'une de ses choristes.
J'avoue que ce n'est même pas la tronche du Zim sur les clips des Traveling Wilburys qui m'ont finalement amené à cette conclusion toute/trop personnelle.
J'ai rencontré Paul Williams à une conférence au Vooruit à Gent dans les années nonante, '93 ou'94. Dans des apartés, il a dit que 1) Bob a touché à la fin des eighties/début des nineties à des drogues auxquelles il n'avait pas touché dans les sixties et 2) il y a une limite entre l'information journalistique et le respect de la vie privée de l'artiste, le problème étant de savoir où mettre la frontière. Ceci expliquant vraisemblablement sa réserve littéraire.
Je crois donc que Bob, à partir de sa collaboration avec le Dead, n'a pas fait que fumer la moquette en cette époque, '87-'91. La qualité générale des
concerts s'en est de plus en plus ressentie ... Troisième chanson à Dunkerque le 30/06/1992, 'Seeing the real you at last' marque, pour moi, la fin des années noires, le début d'un autre nouveau matin.
Je n'ai d'ailleurs jamais prétendu qu'il était héroïnomane, je ne sais pas ce qu'il consommait - je m'en fous d'ailleurs ; ce n'est pas pour çà que je l'admire et le respecte - mais sincèrement je préfère qu'il carbure à la kriek ... ou au saké.
CC

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From: "fgtrade2000"
Date: Sun Aug 1, 2004 10:18 am
Subject: Re: Un jour à Bruxelles, en 1987 ....

Tu as peut-être raison, peut-être a-t-il eu quelques années de drogues dures, c'est impossible d'avoir une certitude dans un sens ou dans l'autre, et comme tu dis ce n'est pas le plus important.
Mais ce qui m'énerve c'est de lire des phrases comme "il ne s'est jamais débarrassé de ses habitudes de junkie", comme je l'ai vu dans Libé il n'y a pas longtemps.
Ceci dit, il est étonnant que Clinton Heylin n'en ait jamais parlé, car lui, contrairement à Paul Williams, ne se gêne pas pour dénigrer Dylan.
FG

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From: "nsklarik"
Date: Mon Aug 2, 2004 7:54 am
Subject: Re: [bob_dylan_in_french] Un jour à Bruxelles, en 1987 ....

Salut,
Une question par rapport à ce que dit claude ci dessous: " Dunkerque le 30/06/1992, 'Seeing the real you at last' marque, pour moi, la fin des
années noires, le début d'un autre nouveau matin ...".
J'ai vu bob à Belfort quelque jour plus tard, le 02 juillet 1992 . Le concert était court (car festival) et pas super. on m'a dit que Bob ce jour-là se serait demandé s'il allait continuer le never ending-tour . Avez vous eu vent de cette rumeur ?
Amitiés
Nicolas

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From: "Claude CHINA"
Date: Mon Aug 2, 2004 11:48 am
Subject: Rumeur des années '90

Bonsoir ,
A ma connaissance, cette rumeur a bel et bien existé mais est née postérieurement à la tournée européenne de 1992.
De retour aux States, à partir d'août 1992 donc, Bob a terminé pratiquement tous ses concerts, non plus par Blowin' in the wind (comme à Dunkerque, Belfort, Leysin ou Antibes par exemple) mais par It ain't me babe, chanson d'adieu entre un homme et une femme ou ... entre un artiste et son public.
Bob a persisté dans ce choix pour les deux tournées européennes de 1993 (notamment à Paris le 23/2, Marseille le 29/6 et Toulouse le 30/6).
J'avoue qu'il y avait - particulièrement en février 2003 - beaucoup d'émotions lorsqu'il l'interprétait. Etait-ce vraiment la der des der ?
Et puis la rumeur s'est estompée même si en 1994, It ain't me babe occupait généralement la même place (comme à Paris le 3/7, Besançon le 4/7 ou Lyon le 5/7).
NB : entre Dunkerque le 30/6/1992 (et la grève des camionneurs) et Belfort le 2/7, il y eut aussi Reims terminé par ... It ain't me babe (après une
sortie où il s'est planté dans le rideau et avant un salut à la Benny Hill ...)
Y a-t-il parmi vous des personnes qui ont eu la chance de le rencontrer se promenant le long de la mer à Dunkerque ou à une terrasse de café à Antibes ? Je serai ravi de lire leurs impressions ...
CC