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Neil Young - Bridge 8 - 10 octobre 1994 (compte-rendu)

 


Peu de shows dans cette année 1994, mais un bon cru !
12 août, « Sleeps with Angels » rayonne dans les bacs des disquaires. Etonnant et dérangeant Crazy Horse. Plus habitué à de la grosse artillerie, il nous livre une mouture électrique des plus travaillées ! Finesse et sensibilité dans la distorsion. Pour les concerts du Bridge School Benefit, l’acoustique s’impose et la set-list reprend celle du nouvel album. Bonheur !
Neil en solitaire chante pour ses scolaires qui l’entourent sur scène.
Je l’entends faire écho à Bob : « sortir d’ici, de ce monde de requins, difficile de réaliser un monde autre quand le cauchemar nous hurle aux oreilles sous l’oeil bienveillant des satrapes et de leurs esclaves. Le combat est devant nous ». Devant ce public jeune, Neil, en bon père, suggère les mésaventures de Danny Whitten, âme du Horse à son début.
Nuit intimiste en compagnie du Crazy Horse. Poncho et Billy se mettent aux maillets et Neil au piano. Le rêve semble surgir de la scène, l’irréel devient réel. Ah ! Mon coeur défaille ! Neil prend de mes nouvelles : « Are you feeling all right. Not feeling too bad myself. Are you feeling all right, my friend ? ». Oui, et je danse avec toi cette « Prime Of Life ». De cette vie fragile où seule la mort (mot tabou) règne. Un combat contre elle est peine perdue. Le seul échec qu’ont essuyé de grands chevaliers est contre elle. Kurt Cobain en a fait les frais. Il dort avec les anges depuis six mois. C’est une actualité encore chaude face à l’Eternité. En offrande, Neil lui joue son morceau favori : « It's better to burn out than to fade away ». Une strophe comme « And once you're gone, you can't come back », et surtout la deuxième « The king is gone but he's not forgotten. », bien appuyées, prennent une autre dimension. Tout ceci n’est pas innocent. N’est-ce pas Neil ? Rock and roll can never die ? Maintenant je prends le train. Le Horse, avec Poncho au piano, me berce vers un rivage serein. Belle surprise ! Je saute dans le convoi suivant sans consulter la destination. Sérénité pour un long et difficile travail intérieur, musique douce et âpre à la fois. Je ne crie pas au génie de peur de perturber quelques chantiers en cours. Mais je le pense très fort ! « Must be the one whose magic touch can change your mind ». Assurément ! Merci ! ! ! Les amis submergent la scène pour le final euphorique ! Pas moins de six guitares, deux percussions et Eddie Veder pour un véritable moment de jouissance ! C’est la folie ! C’est de qui fera le plus de musique, de qui reprendra le plus « Piece Of Crap » ! Neil donne le dernier mot à Billy en allant le chercher avec le micro. Salut de Neil qui me laisse abasourdi en nous lançant une expression française ! ! ! Lui, qui ne nous dit aucun mot sur le sol français ou si peu. Bon voyage Neil.

Denis Between The Rusty Words
(24-03-2002)
© IDDN 2005

Le texte traduit





Setlist :
Solo :
All Along The Watchtower / The Needle And The Damage Done
w/ Crazy Horse : My Heart / Prime Of Life / Drive By / Sleeps With Angels / Hey Hey, My My / Train Of Love / Change Your Mind / Piece Of Crap (w/ everybody on backup vocals).