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Neil Young - Lorrach 2001 (compte-rendu)

Snoopy's ticket ou le compte-rendu de Lörrach (22-07-2001) - Trois parties.
Je dédicace cette review à Snoopy, à Joachim et sa copine, et à Uli.



Partie I

>From: Nicolas Kurtovitch
>To: les-gens-ordinaires (LGO)
>Sent: Saturday, July 21, 2001 1:46 AM
>Subject: Re: [gens] Montreux 10-07-2001 compte-rendu par Rusty Words
> Bravo mille fois pour tes chroniques
> c'est comme si nous y étions
> Cold Mountain >>

A ce que je vois, mon compte-rendu du show de Bercy (24-06-2001) vous a ennuyé par ses détails. Vous avez détesté celle de Vienne (17-07-2001) pour son authenticité. Et celle de Montreux (10-07-2001) vous a exaspéré car le Crazy Horse en est presque absent. Tant pis pour vous ! Je vous livre celle de Lörrach - Stimmen Festival (22-07-2001). Et je la nomme "Le ticket de Snoopy". Drôle de titre. Mais c'est ce qu'il faut pour cette histoire où l'on verra, peut-être Charly Brown sur scène se prendre les pieds dans les câbles ? Qui sait ? Tout peut vraiment arriver. Tout peut vraiment vous arriver. Il suffit d'y croire. Et d'agir.

Je dois auparavant vous rappeler deux ou trois petits choses qui me sont des contrariétés. D'abord ce que je vous avais écrit dans mon premier mail à la liste de dicussion sur Neil Young (LGO) : "Je ne l'ai jamais vu en concert et avec impatience, j'attends Bercy. Une seconde date ne m'aurait pas déplu. Six dates en Allemagne, cinq en GB, la France avec une date unique fait petit pays européen pour cette tournée 2001." Bien sûr, il y a eu une seconde date (reportez-vous à mes comptes-rendus). L'essentiel est qu'il faut souvent inverser les choses dites pour découvrir le sens caché par notre inconscient. Ici, en relisant le passage "la France avec une date unique fait petit pays européen pour cette tournée 2001", il m'apparaît : "Je suis petit européen de ne pouvoir assister qu'à des spectacles sur le sol français". Idée qui me contrarie beaucoup. Et d'une !

Puis il y a eu le compte-rendu de "Double F" sur Vienne (17-07-01). Dans son titre il fait allusion à mon infortune : "Tonight's The Night Part I, Part II & Part III (pour Rusty Words et autres malchanceux)". Et de deux ! Il continue par ceci : "(...) à gauche de la scène, une silhouette blonde apparaît dans le noir pendant que Neil fait son premier solo : Ah, pauvre Denis Between The Rusty Words : elles sont là. Et elles arrivent. Je ne te les décrirais pas, ça t'apprendra !". Et de trois ! "PS n°2 - Astrid s'occupe un peu à réconforter le pôvre Poncho et, promis, elle s'occupe de toi." Et de quatre ! Auparavant, j'avais trouvé sur la LGO : "Voyez le bon coté des choses. Il nous l'a dit dans sa chronique de Bercy... Denis a été déçu de ne pas voir Astrid. Donc, avec le retour des Gogo's Girls, Denis rapplique à Vienne et il y aura un LGO de plus parmi nous... Si ça c'est pas une bonne nouvelle !" Et de cinq ! Ma réponse ne s'est pas fait attendre :
- Si tu savais combien ça me fend le coeur, et à coup de hache !
Dble F : "Qu'est ce qui te fends le coeur : ne pas aller à Vienne, ou qu'on souhaite te voir ?" (Et de six !)
Moi : "Allons, allons, ne tourne pas la hache dans le coeur."

Toute cette accumulation froisse mon fragile petit coeur. Et nous sommes déjà le jeudi 19 juillet AU SOIR, le 24 étant la dernière date de ce tour. Je regarde les dates du week-end. Samedi, Italie, et, dimanche, Allemagne. Lörrach me convient le mieux. Je trouve un bon site de rusty allemand, et contacte son créateur (Dieu, quoi !). En Allemagne Dieu se dit Uli. Celui-ci me répond, et à partir de là tout est à aller à une vitesse au carré. Voici une partie de notre correspondance :

> From: ulisb.de <usb@.de>
> To: Rusty Words <@libertysurf.fr>
> Sent: Friday, July 20, 2001 8:55 AM
> Subject: Re: Lorrach 22 july 2001
> Hi,sorry but I can't help with tickets.
> Lörrach is absolutely sold out. All tickets within the german RustRing
> are gone too.
> But I think there is a real good chance (no guarantee !) to get a spare
> ticket from visitors directly in Lörrach but you have to be there early.
> Please check the PreFest in Lörrach too. See Tour Guide for
> informations.
> There will be a lot of Rusties who might have some tickets.
> And please place an ad the Tour Guide's Pinboard
> Hope to see you there
> Uli

Je ne vous fais pas la traduction de ce message reçu le vendredi matin. Mais je rentre dans une excitation en lisant "But I think there is a real good chance (no guarantee !) to get a spare ticket (...)", et qui est à son comble lorsque le samedi matin peu après dix heures en ouvrant ma messagerie je lis Uli au lit (trop facile ! Et encore je pouvais faire : "je lis joli Uli au lit", ou pire : "Je lis Uli au lit joli", ou insoutenable : "Jolie Julie je lis joli Uli au lit joli". STOP !)

> From: usb <usb@.de>
> To: Rusty Words <@libertysurf.fr>
> Sent: Saturday, July 21, 2001 11:06 AM
> Subject: Re: [gens] 01-06-24 Paris show review
> Seems I have a ticket for you. It is from Joachim Walter.
> Please refer to me and call Joachim: 0681685---- or 01774------
> Good Luck
> Uli

Je ne sais pas si le fait de lui avoir envoyer mon compte-rendu de Bercy a contribué à dénicher ce ticket en or. De toute manière, ma réponse ne s'est pas fait attendre.

From: Rusty Words <@libertysurf.fr>
To: usb <usb@.de>
Sent: Saturday, July 21, 2001 10:17 AM
Subject: Lörrach 07-22-01 - A ticket for Rusty Words
> YOOOOOOOOOOPPPPPPEEEEEEEEEEEEEEE ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
> You found a ticket for me for the Neil's show !:)
> That's wonderful :):):):):):):):):):):):):):):):):) ! ! ! !
> Thank you Uli
> I'm going on the road now.
> A long road is waiting for me.
> I leave my Brittany country (in France, west- west side) immediatly !
> I'll try to phone to Joachim too.
> See you later.
> Denis

Samedi 21 juillet 2001, 11 heures AM, je trace vers Lörrach avalant les kilomètres avec voracité.

Denis Between The Rusty Words (24-07-2001)
© IDDN 2005

Le texte traduit




Partie II

Samedi 21 juillet 2001, 10 heures AM, j'ai encore un pied dans le rêve et je ne sais toujours pas si je bouge ce week-end. Les vieilles charrues se rouillent sous un crachin ininterrompu. La petite affiche pour leurs dix années de festival prend l'eau. Bob Dylan et le Crazy Horse ont décliné leur invitation pour préférer le soleil radieux d'un Stimmen Festival en Allemagne. Bien joué ! Bonne pioche !

Lörrach... Jamais entendu parler. Je ferme les yeux. Petite bourgade allemande dans le pli frontalier Franco-Suisse, Mulhouse - Bâle. La route qui m'y conduit est un ruban embaumé des premières moissons. Volupté pour le blé, âcreté pour le colza. Cette corde de 1236 kilomètres parfois se distord, se cabre. Et les conducteurs, préférant les chevaux calmes et posés, font des embardées et signent leur ignorance du Crazy Horse par des marques de folie qui m'impressionnent, m'effraient. Sont-elles vraiment réelles ou sont-elles là volontairement pour terrifier et bouleverser notre âme ? Goûtez si vous voulez ce pauvre cheval au métal vide et sans saveur posté sur l'A85 vers Saumur. Ou faites le carton sur la route ; il faut bien remplir les statistiques. Une petite pensée à Young Billy, Cortezina et T-Bone quand je passe "Le Havre" sur l'A11 - un cours d'eau sous un cours de voitures. Le week-end prochain, je ferai fête chez eux. Maintenant, un affichage sur l'autoroute m'indique : "Ralentissez, la mer ne va pas s'évaporer". J'applique ma petite combine et j'obtiens " Evaporez-vous, la mer ne va pas ralentir". Message bien reçu ; j'accélère. J'ouvre les yeux. Je n'arrive pas à dépasser les 110, à me concentrer pour un dépassement. A deux heures de la frontière, la nuit est douce en campagne. Je m'endors.

"Moi, le mauvais poète qui ne voulais aller nulle part, je pouvais aller partout" et surtout à Lörrach, oubliait de préciser le Suisse Blaise Cendrars (moins connu sous le nom de F.S.) La chaleur est vive et installe des plaques de miroir sur la route où s'épandent avec aise verdure et nuages bleus. Je ferme les yeux. Il est 09H30 ce dimanche matin à Lörrach. Maintenant que j'ai du temps disponible, je me souviens de mon départ précipité et de mon oubli de vous informer sur notre liste de cette fabuleuse histoire qui m'est tombée dessus et que je nomme "Snoopy's ticket". Mais pas trop vite, car je ne connais pas encore la suite et mon billet reste encore hypothétique. J'ai bien téléphoné à plusieurs reprises aux numéros de Joachim mais à chaque fois je tombais sur un maudit répondeur. J'essaie à nouveau : pareil ! Je lui expose une fois de plus ma situation. Ce ticket, pour moi, est or non certifié. Me voilà assassin de temps dans les ruelles de Lörrach jusqu'à 16H00. Je suis sur la Marktplatz. C'est une petite place pressée d'immeubles, une petite scène est installée, et des techniciens allemands s'affairent. J'aborde deux rusties reconnaissables à leurs tee-shirts. Ils attendent le camion commercial retardé à la frontière suisse. Ce soir, ils vendront les tee-shirts. Et à Rotterdam le 24, vont-ils les brader car l'eurotour sera passé ? Valérie pourra nous le dire, mais elle ne sait pas encore qu'elle aura l'opportunité de vivre la dernière date de l'événement 2001. Ici, ils feront les Tee-shirts à 20,45 euros (40 DM) contre 30,49 euros à Paris ; soit une baisse de 33% ! Les Allemands seront tout aussi surpris que moi. Mais quelque chose m'intrigue : où jouera Neil ce soir ? Ces vendeurs suisses m'assurent que c'est bien sur cette place et sur cette scène. Pour bien comprendre mon étonnement, je vous demande un petit effort pour vous représenter la configuration de la place. Vous dessinez un P majuscule avec une longue jambe de douze mètres de large et vous affublez ce P d'une petite coiffe pour la scène. Et vous avez là ce qui se présente à mes yeux grands ouverts ! Oh, oh !

L'après-midi s'avance et je n'ai pas vu un l'ombre d'un rusty allemand qui pourrait me protéger contre mon incertitude caniculaire à pouvoir assister au show du soir ! Je ferme les yeux. Je déambule autour de la scène et du "59 ers bar", lieu de ralliement des rusties allemands. Je me signale par une affiche où sont accrochés pêle-mêle : "RUSTY WORDS / ULI / CRAZY HORSE". Ah ! Je suis sûrement beau à voir. Un gars m'accoste. Il veut aussi rencontrer ULI ! Ah ! Ah ! Ah ! Buvons un verre ! Ce rusty a voyagé depuis l'Australie pour assister à quelques concerts du Crazy Horse ! Nous l'avons peut-être déjà croisé car il était aussi à Vienne ! Ce Peter Wachmer met dos à dos le compte-rendu de Get Back On It et le mien, car il a trouvé ce show complet et excellent, un Crazy Horse en pleine forme. Quelquefois, voir de trop près peut nous donner une vision déformante. Par exemple à Vienne, Neil Young n'aurait pas dédié à Elwood, "Cinnamon Girl" que d'ailleurs il n'aurait pas joué ! Mes yeux sortis de leurs orbites roulent à terre. La serveuse attentionnée (je la revois encore à servir un peu moins fraîche à minuit passé !) me les ramasse et sourit à mes quelques mots allemands d'amabilité.

Le "59 ers bar" est maintenant ouvert. Quelques musiciens attirent du monde et me bercent. Je m'assoupis. Peter l'Australien discute avec des Allemands. Je leur parle d'ULI et de Joachim. Ils n'en reviennent pas ! Ils ont devant eux Rusty Words en personne, le rusty qui arrive de Bretagne et est l'objet de tous les mails depuis 48 heures ! Ils me font la fête. Pendant qu'un gars part à la recherche de Joachim qui a passé devant nous il y a moins de cinq minutes, ils me répètent à plus soif "Don't worry ! You have your ticket !". Joachim est introuvable et son téléphone mobile est en panne : il sonne et passe en messagerie, Joachim ne peut répondre mais il capte les messages (et il avait bien reçu tous les miens). En voilà un qui s'est évaporé. "Don't worry ! You have your ticket !". OK, j'ai compris. Je suis présenté à ULI qui a organisé cette journée rusty et qui devrait, si ce n'est fait, être proclamé "Rusty Of The Month" ; notre Yotha nationale le mériterait aussi ! (Note : Elle a obtenu cette distinction pour avoir organisé la Rust-fest à Paris en 2001). ULI, débonnaire, confirme mon entrée au show. Ah ! On a retrouvé Joachim ! Mais il est où ? Là ! Non, il était encore là à l'instant mais à présent il sait que tu es avec nous et te garde précieusement ton ticket. Ah ! Joachim ? Enchanté. Nous faisons la photo. La bonne humeur se répand sur les visages. J'ai le ticket en main. Peter fait signer aux rusties un tee-shirt qui sera mis aux enchères au profit de la Bridge School. Pour y ajouter une petite valeur, la dernière signature sera celle du Loner himself ! Il apposera sa signature près de la mienne ! Achetez-le les LGO-filles et les LGO-gars ! Et Snoopy, alors ? Eh bien ce sera comme moi : vous le ne verrez pas ! Joachim et sa copine veulent vivre Lörrach. Leur chien Snoopy en fait toute une maladie de chien. La copine ne veut pas abandonner son chien et choisit de soigner Snoopy et perdre Neil Young que de soigner Neil Young et perdre Snoopy. Voilà que cette triste histoire débouche sur un heureux événement. Le mien. Trinquons au bon rétablissement de Snoopy ! Ca réveille !

19H15. La place est maintenant fermée au public. Les gens s'amassent à l'entrée (en bas de la jambe du P). Les secondes sont longues. L'estomac digère et m'engourdis. Enfin, ils se décident à nous faire entrer. Petite fouille pour les petits sacs, grosse fouille pour les gros sacs car "Ton-, Film- und Videoaufnahmen in der Veranstaltung sind nicht erlaubt." Heureux les enveloppés qui peuvent dissimuler leurs petits sacs et leurs appareils photos. Chez moi cela fait boursouflure surtout l'été en tenue légère. Je joue des coudes et me retrouve en quatrième ligne. Je discute avec un rusty, heureux de discuter avec l'illustre Rusty Words. Mais moi, la place ne me convient pas. Celui qui est devant moi regarde par-dessus son épaule droite, et zioup, je passe à gauche et devant lui. Me voilà devant une armoire à glace. Aïe ! C'est plus coriace pour me faufiler et ma vue est bouchée. Le gars se retourne mais, avec lui, je ne peux pas refaire la manoeuvre précédente. C'est un bon gars et il prend conscience du problème. Il me fait un discours en allemand. OK ! Tu peux me la refaire en anglais. Tu verras la scène bien mieux si tu passes devant moi. Merci ! Merci rusties Allemands ! Merci autres fans ! Merci Neil Young ! Merci Crazy Horse ! Merci Pegi ! Quelle journée incroyable ! Je déclare le 22 juillet : le Rusty Words Day ! Mais, chuuut... Il y a du mouvement sur la scène...

J'ouvre les yeux. Le show est fini. La foule se disperse et les rusties se donnent rendez-vous au Club Sonderbar afin de poursuivre la nuit. La formation musicale est électrique et installe son bastringue et démarre Southern Man. Admirable. Mais déjà je dois penser à rentrer en ma Bretagne éloignée. Je fais mes adieux à Joachim. Je ne trouve pas ULI. Sur le parcours du retour, rempli de notes insensées, je me demande si je ne rêve pas, si je n'ai pas rêvé de tout cela. Cette pensée m'étourdis. La nuit est électrique. Le sommeil fougueux arrive et je m'endors à la douce mélopée de son grand galop.

Denis Between The Rusty Words (02-08-2001)
(Suite et fin dans :
Snoopy's ticket ou le compte-rendu de Lörrach (22-07-2001) - Part III)
© IDDN 2005

Le texte traduit




Partie III

Mon nègre revenu de vacances, je peux enfin vous livrer le dernier opus de cette épopée germanique. (Avec photos visibles)

Rêve et rêverie du 22 juillet 2001 :

Je cours dans cette étroite et longue allée qui me mène à la scène. Qu'y a-t-il ? Larry Cragg contrôle les instruments. Le piano pleure sa joie, puis, c'est au tour de l'harmonium. Alors, Larry empoigne la Old Black. Je lui crie : "Like A Hurricane !" Il en tire un son lourd de soudure. J'en redemande. "One more !" Pas de rappel. Je cours dans cette étroite et longue allée qui me mène à la scène. Qu'y a-t-il ? Larry Cragg est revenu ? La batterie est en mouvement. Chaque élément vibre sous les coups de... Ralph Molina ! Le "Listen or thy tongue will keep the deaf" inscrit en bas du dessin de la grosse caisse est encore en veilleuse. Ecoute ou ta langue respectera le sourd. J'écoute et pour l'instant je respecte encore le sourd. Il me semble que c’est de la technique, pas de la musique. Il me semble que Ralph joue au technicien méticuleux pendant une demi-heure. "Il me semble" car c’est de la batterie nue. Apparaît Pegi toute de noir vêtue dans la partie technique de gauche. Pour casser sa timidité, je lui fais coucou de la main. Elle me le rend tout sourire en fixant mon tee-shirt. Ses yeux pétillent lorsqu'elle lit, interloquée : "San Diego - California - Americas Finest City" sur mon torse. Billy Talbot arrive sur scène. Va-t-il prendre sa guitare ? Non, il est venu gaspiller du temps. A ses côtés, Poncho discute avec Larry. Puis Neil se joint à la conversation. Il n'est pas franchement de bonne humeur.

La tension des derniers réglages et les petits soucis de professionnel bouffent le bonhomme. Keep cool man, yeah ! Pegi détend l'atmosphère en déambulant sur scène. Elle photographie des moments de vie. Hey Larry. Clic. Billy, Poncho. Clac. Hey le gars au tee-shirt original. Clic. Non, ce n'est pas moi, mais mon voisin. Il a dessiné un motif avec "2000 MIH Tour" (Music In Head). C'est fou le temps qu'on prenne à photographier, à capter l'instant pour se faire des souvenirs. Je me souviens aussi que... Mais, n'ai-je pas créé moi-même ces souvenirs inconsciemment ou... consciemment... ? ! Maintenant les instruments sommeillent sous leurs couettes de protection. Ce rêve est-il réel ? Tout cela est-il le fruit de mon imagination ? Pas le temps de vous répondre. Voilà que Neil et ses acolytes arrivent par le fond à gauche. - Trop de précisions pour de l'imaginaire, vous ne trouvez pas ? Enfin, cela ne veut rien dire. Je poursuis... Neil fait un grand salut au public (ou à la caméra ?), empoigne sa guitare. Et c'est parti. Il est environ 21h20 et les techniciens prendront d'assaut la scène à 00h02. Cela nous laisse 2h40 en tête-à-tête avec le Loner. Yeah ! J'interpelle Poncho afin de le mettre en joie !

Aux premiers accords sous une lumière rouge, je sens que Neil n'a pas à prendre ses repères ou à s'échauffer. Il laisse des places à la distorsion dans son jeu très travaillé. What a wonderful Man ! (Photo 1.) Le show est PUISSANT. Le son est EXCELLENT. Le Crazy Horse est débridé. Dès son entrée en scène, il est au top (pas forcément frais, normal, on arrive en fin de tournée). Ce n'est pas le même Crazy Horse que celui de Bercy. Ces deux shows sont complémentaires pour cerner leur identité musicale. Bercy est plus expérimental, Lörrach l’est moins mais les morceaux sont mieux travaillés. "I've been waiting for you and you've been coming to me". Heureusement le rêve existe et grâce à lui je t'ai rejoint. De singes sages, à qui on a fait visionner la vidéo Weld, se sont mêlés à l'assistance très sage. Je regrette celle de Bercy. Ainsi que la présence audience (encore inconnue pour moi) de Sylver& et de Ray Moon (deux rusties françaises)! Je fais observer sur la LGO : "Crazy Horse a démarré au quart de tour - c'est filmé et donc il "n'avait presque pas" besoin du public." Tournant en dérision ma petite combine, Elwood me répond : "De toutes façons j'ai compris une chose, le Crazy Horse n'a pas besoin de public... donc a-t'on besoin du Crazy Horse ? Let's got the blues... §!!!!!!! !!!!!! !!!!!! ;!!§§§§§ §§§ §§§§§§ §§". "Love & Only Love" me fait remarquer de Neil. Un gars à la voix d'outre-tombe crie plus fort que la musique ! Je lui donne des frissons. Ses premiers frissons. Mon corps fatigué tient bon et me permet encore de danser. Est-ce sur "Piece Of Crap" que Billy arrête de faire face à Ralph ? Quelle importance ? Le public se lâche un peu pour crier avec moi "Piece Of Crap". Bizarre : je n'ai pas droit au cri rageur "Piece Of Crap" en final. (Photo 2.) Larry Cragg s'installe au piano. Mais le piano reste muet, pourtant testé l'après-midi ! Oh ! Larry est mécontent et frappe rageusement des poings ses cuisses martelant le rythme de "Going Home". Un technicien arrive. Maintenant c'est OK et... la poisse lui colle à la peau ! Je ne sais comment la bouteille d'eau posée sur le piano se renverse sur le clavier. Malheur ! Larry reste assis, mécontent et frappant rageusement des poings ses cuisses martelant le rythme comme des "battle drums were pounding". Il se retrouve guerrier isolé sur la colline. Il se sent un peu totem. Ici, le totem indien (je ne l'ai pas vu s'éclairer comme à Bercy) est moins potiche que les GoGoGirls ! Celles-ci avaient une utilité dans le 2000 MIH (Music In Head) Tour, mais ici vraiment aucune. :( Ce n'est pas ainsi que les GGG nous amènera dans l'île des sirènes avec leur chant. Enfin, Pegi trouve une occupation digne d'intérêt : elle donne le rythme au public pour frapper dans les mains car j'ai souvent remarqué dans les concerts que ce n'est pas toujours l'unisson. Ici, le public me donne (hélas) raison. Ce pictogramme : §( :-)) ne correspond à ce que je vois de §( :-)). Aucun sourire, aucun petits signes, très effacée. Ray Moon, si tu as vu une autre §( :-)) à Vienne, tu as de la chance. Leurs tenues vestimentaires ? Pegi, robe légère rouge décolleté. §( :-)), une grosse fleur sur sa poitrine, un horrible pantalon moulant, et s'est coiffée avec un pétard. Tout comme Novostar en première partie, Neil prend sa vieille guitare et nous offre de l'acoustique (Hendrix l'a-t-il déjà fait ? – Note de 2005 : J’ai vu Jimi le faire depuis que j’ai écrit cela.) Sous une lune bleue, au milieu d'une prairie de bisons, long may he runs. Neil se prépare, je le pressens à mon grand désespoir, pour "Only Love Can Break Your Heart". Sa version au piano ou à la guitare acoustique est bien meilleure qu'à la guitare électrique. "Il cache sa tête à l'intérieur d'un rêve. (Photo 3.) Quelqu'un devrait l'appeler et voir s'il peut sortir." Je lui lance "Trans Am". (Je suis en face d'un micro audience et je ne m'en prive pas ! J'ai sûrement gâché de la bande !) Je remarque alors une réaction de Neil sur son visage, (Photo 4), une idée, une impression ou encore un souvenir lui est venu à l'esprit. Nouveau frisson ? Et Neil retourne dans son rêve (Photo 3.) en entamant "Only Love Can Break Your Heart", et, me laisse seul au vent méchant qui soufflait par les portes du parc d'Eden. Une brise électrique me ramène à la superbe lumière de l'amour. (Photo 5.) Encore plus belle qu'à Bercy. Bien meilleure que dans le ciel et les étoiles de Going Home. Le quelqu'un qui dit qu'il y a une place là-haut où les anges se déchirent les ailes, c'est moi. Et ce n'est pas parce qu'ils entendent le murmure de "Gateway Of Love" et qu'ils peuvent trouver, tout comme moi, le morceau moyen, trop mou dans son traitement, non, c'est parce que les anges nous envient, nous les humains qui avons des désirs et des rêves. Les anges ne rêvent jamais et n'ont aucun désir. Il y a de quoi rager. Mais Neil les comprend et attaque "Hey Hey, My My". Quelle rage ! (Photo 6.) Johnny en est putréfié (rires sans bruit - je suis un pro). Le Crazy Horse dérouille le métal. Dans l'action Poncho oublie de faire les mimiques au public, s'en souviens mais voit que le public les fait et continue à jouer rassuré. Au dernier couplet, Neil nous fait un "My My, Hey Hey". Puis Neil revient au micro et veut continuer à chanter mais se rend compte qu'il a fini le couplet et donc la chanson et qu'il n'avait pas lieu de revenir au micro et éclate de rire (sans bruit - c'est un pro). Ralph donne le coup de grâce et le morceau est fini. Non, Neil le fait durer par de la distorsion pendant une bonne minute ! Pendant ce temps l'orgue arrive. Eh oui ! Il fallait bien combler le silence. Bénédiction. La colombe ne vient plus du ciel comme à Bercy mais est sur roulettes. Poncho est prêt et commence, donnant le signal de l'intro de... "Like A Hurricane".

Pas de temps mort entre ces deux morceaux. C'est vraiment génial. Mon rêve est que Neil fasse un concert avec de larges introductions et de larges finals mélangés, le tout agrémenté de quelques paroles - une suite à "Arc", mais qui ne soit pas du bidouillage studio. Du Live ! ! ! ! ! ! ! ! Peut-être le fera-t-il ici ? Je suis bien dans un rêve, non ? Mais je ne maîtrise pas encore très bien le mécanisme du rêve et "Like A Hurricane" me semble bref. Neil passe assez rapidement en feed back, puis revient à la normale, puis repart dans le feed back. Il arrache ses cordes, joue avec la dernière corde restante et pose à terre sa Old Black et s'agenouille pour sortir quelques sons. Brusquement Neil laisse son instrument et vient inspecter le travail de Poncho par-dessus son épaule, et de Billy en se plaçant devant lui. Ce rôle qu'il se donne ne lui convient pas, et cette attitude d'inspecteur de travaux en cours peu aimable me déplaît fortement. Mais ceci n'est qu'un rêve et je ne suis qu'un rêveur. Un peu de sourire en pensant au guitariste de Novostar qui d'entrée de jeu pète une corde, mais contrairement à Neil, n'est pas satisfait et veut changer de guitare qui est peut-être encore dans son étui. Dans cette formation belge, il manquerait un guitariste pour donner la réplique. Novostar, j'ai le sentiment de l'avoir vu auparavant. Je n'arrive pas à me rappeler. Télé ? Concert ? Ou simplement il y a dix minutes dans un rêve ? Je laisse là ma réflexion car le Crazy Horse revient sur scène ! Et avec "Fuckin' Up" ! Super ! Poncho fait youyouyouyou. Je lui réponds. Le son est nerveux. Poncho fait son "Fuckin' Uuuuuuuuuup". Ce soir, mon coeur est d'acier et je le bats sans problème mais je n'ai pas de mérite car par rapport à Bercy, il l'a divisé par deux. Pas de final bluesy comme à Bercy. Alors, en attendant le prochain morceau, je lui fais youyouyouyou ! Et... dois-je l'annoncer ? La chanson que Neil dédie au grand chasseur de clair de lune qu'est Elwood. Eh oui ! T'as de la chance Elwood ! Là-dessus, je suis sur le même territoire. Mais ne pars pas, Elwood ! Attends le dernier rappel. Il sera peut-être pour toi... Les revoilà sur scène.

De la foule viennent des demandes de chansons. "Rockin’ In The Free World" a du succès et aussi "Powderfinger", on peut entendre aussi un "Farmer John". Celui qui est devant moi me dit : "You can ask all tracks. Why not "I' m A Child"?". Je reste encore silencieux et, lorsque le public se calme et que rien ne vient troubler le silence jusqu'aux prochaines notes, je lance "Down By The River"! ET TROIS SECONDES PLUS TARD - un, deux, trois - Neil démarre directement... "Down By The River". Ah ! Ah ! Incroyable ! ! ! Je n'en reviens pas. Je demande et Neil joue ! Je sais que c'était déjà prévu (vraiment ?) mais l'effet est impressionnant. Le gars devant moi en reste baba. Ainsi que tous les autres qui l'ont remarqué. Maintenant je suis au coeur du rêve et le souvenir est, comme en périphérie, avec ses zones d'ombre. Neil répète inlassablement "Be on my side" jusqu'à ce qu'on tilte et qu'on accroche à son propos : "I'll be on your side". (Photo 7.) Pendant tout ce temps, Neil attendait qu'on lui réponde. Ha ! Ha ! Ha ! Je suis un nul ! Ha ! Ha ! Ha ! Y'a pas de quoi rire ! Ha ! Ha ! Ha ! Je n'ai plus droit à aucune chanson. Alors je profite de l'instant pour crier §( :-)), mais c'est couvert par les applaudissements. Aucune chanson ? Et si ! "Powderfinger". Le public chante avec Neil. Le texte me plaît, l'arrangement moins, et je ne sais l'expliquer. Cela a toujours été ainsi (sauf en country). Mais pas pour la suivante que j'adore mais que maintenant je me lasse vite musicalement. Voici "Rockin' In The Free World". Neil a entendu le public allemand précédemment et se doit de la jouer. Quelques instants plus tôt, Poncho est interpellé par le public pour jouer "Rockin' In The Free World". Il nous fait signe que 1) Il ne sait pas ce qui va être joué incessamment sous peu ; 2) Ce n'est pas lui qui choisi le morceau qui va suivre. Aussi il est joyeux de satisfaire le public. Depuis le matin, mon arrivée à Lörrach, je dors dans mes chaussures. Rouge, blanc, bleu. Les trois se réunissent et jouent du rock endiablé jusqu'à l'épuisement (trois ? Et oui ! Le quatrième ne bouge pas de sa batterie). Terrible ! Ils se regardent, s'amusent : qui craquera le premier ? (Photo 8.) Je les laisse KO et je fais un coucou de la main à Pegi, pas la peine de compter ce soir sur §( :-)). Pegi me le rend tout sourire en se souvenant de cet après-midi. Poncho pense que c'est fini et il est agréablement surpris de voir Neil, qui avait légèrement abandonné sa guitare, la reprendre ! Encore au turf pour "Roll Another Number" ! Fantastique ! Le dernier couplet sur Woodstock fait marrer Neil et sa bande. (Photo 9.) Il ne veut pas refaire Woodstock mais revenir à Buffalo Springfield. Ah ! Il vaut mieux se tenir aux souvenirs qu'à la nostalgie. C'est le salut final. Les GGG y sont conviées. Le Crazy Horse Deluxe regarde (observe), avec un quelconque sentiment que je peux définir, les gens (qui ont sans doute rien payé) perchés dans leurs hôtels à quelques mètres en face de la scène, accrochés à leurs fenêtres éclairées par les lampadaires de la rue. Puis le Crazy Horse est avalé par les coulisses. Sous une petite musique de fin, la foule se disloque, l'âme comblée d'avoir vécu ce show. Neil a bien su créer un espace musical et y laisser libre cours à son univers. Merci Neil de m'avoir permis de chevaucher ta propriété. Tu ne m'as pas adressé un mot si je ne compte pas lorsque tu me répètes inlassablement "Be on my side". Et c'est à ce moment que je choisis de faire le sourd irrespectueux. Mais est-on toujours soi-même dans le rêve ? Car rêve, il y a eu lieu ! Non ?... N'ai-je pas imaginé tout cela ?... Ou bien, tout est aussi réel que Bercy, Montreux ou Vienne ? Je ne pourrai vraiment le dire.

FIN (larme)

Denis Between The Rusty Words (23-08-2001)
© IDDN 2005

Le texte traduit




Setlist : Don't Cry No Tears / I've Been Waiting For You / Love And Only Love / Piece Of Crap / Going Home / Hold You In My Arms * / From Hank To Hendrix / Don't Let It Bring You Down / Pocahontas / Long May You Run / Only Love Can Break Your Heart / Standing In The Light Of Love / Gateway Of Love / Hey Hey, My My > Like A Hurricane // Fuckin' Up > Cinnamon Girl // Down By The River * / Powderfinger * / Rockin' In The Free World * // Roll Another Number *
# (*) w/ Pegi and Astrid on backup vocals