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Neil YOUNG - Paris - 24 mai 2003 (Compte-rendu)


 


Ma semaine germanique (partie 5 : Paris 03)

1
Chaque fibre du tissu se rebiffe sous les poils de mon pinceau. Les lignes marquées par le manche cherchent à s’évanouir dans la noirceur du tee-shirt. Je les rends minutieusement blanches. Lignes blanches qui mènent à Greendale. Je ne m’attendais pas que cette route soit si fastidieuse et si longue. Le trait se doit être fin et précis. La charge raisonnable de peinture est rapidement absorbée. Peinture, noirceur, lettrage et motif maîtrisés ; mon premier tee-shirt n’est pas simple. Motif figé, trait académique ; le geste est-il absent de mon âme ? Pincement. Sont loin mes esquisses fraîches, pleines de vie, glissées d’un coup vif sur le papier conciliant. Sont loin les premières idées où la guitare est nuage et est électrique pour casser la symétrie d’une acoustique. C’était hier. Double F me visite et nettoie mes lunettes. Je dois rester dans l’authentique. Le nuage musical ressemble à une odieuse désagrégation. Les dates de mes concerts 2003 décoreront la guitare. Le projet est pratiquement bouclé. C’était hier et nous sommes déjà jeudi. La réalisation peut commencer. Concentration maximum, Ragged Glory tournent sans arrêt à deux jours de la dernière performance de cet Eurotour de Neil en acoustique. Le pinceau avance péniblement. L’erreur est facile ! Et je n’ai pas droit à la facilité. Je veux réussir et je sais que je peux réussir. Je ne veux pas être un fan passif mais un rusty actif. Les tee-shirts de ce tour sont affreusement laids et chers. Les cordes servent de rails à un train avec Neil Young inscrit sur les wagons. Ah ! La locomotive ! Neil est fin connaisseur. Une passe-partout ne fait pas l’affaire. Je me mets en quête d’une forme originale. Oui, celle-ci est bien identifiable et de forme peu commune. Ce sera celle-là ! Comment s’appelle-t-elle ? Incroyable ! Vraiment d’actualité ! La « Lafayette » a été construite à Philadelphie en 1837. La peinture sèche. Samedi matin, après une nuit blanche, j’arrive chez Crosby. Son poney nourri, nous prenons la route vers Greendale City sans oublier de récupérer d’autres rusties en chemin afin que la délégation bretonne soit au complet. Pendant tout le trajet, la guitare de mon tee-shirt me semble crachoter sur la voiture.

2
Sac à dos, j’arpente les rues de Greendale. Une cérémonie de mariage se tient devant l’église. J’entre dans le bar qui lui fait face. Il est 15h00 et mon estomac ressemble à une galette qui manquerait cruellement de levure. Il est 15h00  et « The Bombardier » n’assure plus de quoi me plomber. Je salue des amis de Neil Young qui occupent une bonne partie de la salle. Ce soir, Neil est sur scène au « Palais De Paris », seul, il nous contera l’histoire locale de la famille Green. Près d’un caribou exotique et éméché, j’enfile mon tee-shirt qui expose ma dernière oeuvre, très différente de ce que pourrait être mon style. Tous l’adorent et certains vont me demander des oeuvres identiques. Une reproduction originale par l’artiste ! Une voie encore inexplorée dans le monde de la peinture, sans entrer en filouterie ! Seul un musicien peut emprunter ce chemin par le biais de la scène car son oeuvre est volatile comme de la vapeur d’alcool qui viendrait nous caresser les narines. Pas très loin, un restaurant m’accueille avec Passenger. C’est vraiment appétissant et délicieux qui plus est ! Le restaurateur : « Je privilégie une bonne nourriture qui a du goût d’autant plus que cela fait vivre les fermiers sans qu’ils soient prisonniers des banques. Je m’approvisionne au Ranch Double L  que tiennent Earl et Edith Green ».  « Double L ? je réplique intrigué. Ne serait-il pas plus logique avec leur prénom que ce soit le Ranch Double E, dis-je amusé. D’ailleurs en arrivant sur Greendale par des chemins de traverse, je suis passé devant un ranch se nommant ainsi ». Le restaurateur me jeta un regard calqué sur la météo que la logique n’apprécie pas en cette fin de mois de mai. Nous retournons au bar, mais l’affluence pour une retransmission sportive à la télévision à reléguer nos amis à l’extérieur sous une fraîche grisaille. Des rusties venant de partout (Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Floride, Californie, Bretagne, Belgique et Normandie) se sont donnés rendez-vous ici. Seuls, les Français ont un  fort accent et bafouillent en parlant la langue de Shakespeare. Ils ont encore du boulot pour tout comprendre ce que Neil nous dira ce soir lors de sa représentation de sa pièce Greendale !

3
Par petits groupes, nous nous mettons en route vers le « Palais De Paris ». Je viens en aide à Passenger qui se trouve déboussolé hors de son quartier. Ailleurs, Southern Pacific sort sa guitare et s’empresse de jouer quelques tubes de Neil accompagné par les « Underground Voices » d’un jour (Anita, Sylver &, Twilight, Andrew, Ian, Phil, Peter). Les auditeurs privilégiés sont inquiets, ils se demandent s’ils doivent débourser pour ce spectacle-surprise. Arrivé devant le palais, j’entre sans histoire avec mon sac à dos encombrant dans la belle salle de concert ! Me voici assis devant la scène. Certains m’avaient annoncés que j’aurais été déçu d’être au premier rang car la scène est trop haute et j’aurais été comme un petit enfant qui se tient au bord d’une grande table en s’agrippant des mains et se cherchant à grandir en poussant de la pointe des pieds afin de voir ce qu’il se passe sur cette dite table. Mais il n’en est rien. Il est vrai que mon regard se situe sous l’horizon de la scène mais Neil se situera si proche du bord que je ne serais en rien gêné d’autant plus que les micros, chaises et mégaphone sont sur sa gauche et j’aurais ainsi une vue dégagée sur son jeu de guitare. Une hôtesse me fait virer pour placer Ray furieuse que quelqu’un soit à sa place ! Je me suis trompé d’un malheureux siège. Dis-moi salut Ray avant de rouspéter, c’est la fête ce soir ! Ray rentre bredouille de sa chasse à Neil sur les Champs Elysées où se tient une exposition de trains originaux. Sachant que les quatre premiers rangs sont pratiquement squattés par des connaissances du net, c’est la forte affluence devant la scène. C’est la grosse ambiance devant la scène. Si Neil vient à regarder ce spectacle, il doit être émerveillé par cette convivialité ! Larry apporte les trois guitares aux différents accordages. Peu à peu, les gens retrouvent leur siège. Je suis bien installé entre Alain et Ray. Des inconnus nous demandent comment nous avons fait pour obtenir ces places. Moi, je me demande comment le public français accueillera un Neil très bavard ! Les lumières s’éteignent et les applaudissements s’allument. La grande silhouette de Neil apparaît alors dans le halo des bougies.
(30 mai 2003)

4
Pour ce dernier soir très spécial, les forts et longs applaudissements touchent Neil. « Merci beaucoup ... mes amis ». Ce message nous va droit au coeur. Rarement, Neil s’exprime autrement que dans sa langue. Il nous a souhaités « Bon voyage » à notre séparation au Bridge 8, en  1994. Quelques « Merci » en France, mais jamais à ma connaissance de danke, gracias, grazie, obrigado, tack, dank je, ta, trugarez, kiitos, toda, arigato, takk, sagol, néá'eshe, lors de ses concerts. Pourtant Neil affectionne le public allemand comme indique le nombre de fois qu’il a pu y jouer depuis ses débuts. En ordre décroissant : 48 fois en Allemagne, 34 en Angleterre, 18 en France, 15 en Italie, 12 aux Pays-Bas, 10 en Belgique. Neil fait des efforts uniquement dans la langue française comme encore avec le « Merci beaucoup » en mars 1976. Toute l’assistance a éclaté de rire. Nous étions au Budokan Hall à Tokyo. Neil se confie à The Guardian (22 mai 2003) : Ces gens ont leur propre opinion – ils sont français ! Ils ne sont pas de putains d’américains, ils sont français ! Vive la différence ! (These people have their own opinion - they're French ! They're not fuckin' Americans, they're French ! Vive la difference, hello ?). Ce soir, il se devra de reprendre en français « Vive la différence » qui sera très applaudi. Il ne va pas se faire beaucoup d’amis en rentrant au pays, à moins que les esprits retrouvent le chemin de la paix. En ces temps troubles, je pense que ce n’est pas un acte innocent que Neil finisse cette tournée par Paris ! Si cela n’avait aucune importance, aurait-il programmé sa venue un même soir que Bruce Springsteen ? La guitare se met brusquement à danser sur les genoux de Neil. Une atmosphère bleue dans la musique et orange dans l’éclairage nous permet de faire connaissance avec la famille Green. Au Bridge dernier, Neil annonce quelques vers sur les 242 ou 3 vers et démarre Falling From Above. Une boutade ? Encore un projet qui ne verra jamais le jour ? Erreur ! Neil est parti pour 906 vers. Chaque personnage de la chronique Greendale est très touchant car très humain. Ils ont leur trait de caractère, leur joie, leur malheur, leur destin. Neil est leur barde.
(1er juin 2003)

5
Grandpa porte la tasse de café à ses lèvres et dévisage le cousin Jed. Celui-ci lui fait un sourire si large qu’il masque son visage hirsute. Les écouteurs de son walkman sont rangés dans la poche de sa chemise. Du bruit en sort. Ca doit être son vieux chanteur préféré, pense Grandpa. Au bout de tant d’années, doit-on encore continuer son chemin, ou bien s’asseoir et rouiller, ou bien bifurquer  vers d’autres horizons ? Je crois bien que c’est ça, dit Grandpa. Jed le regarde avec surprise et se gratte la tête en grimaçant. Oui, je dois imaginer un autre horizon à atteindre et ne pas attendre sagement le moment du grand départ. C’est ici que cela se passe ! Dans mon sommeil, j’entends la plainte des anges déprimés. Ils s’entrechoquent dans une chute effroyable dans l’espoir absurde d’avoir de quelconque sentiment, émotion, sensation. Pour Jed, les pensées matinales de Grandpa sont un peu dures à avaler. Grandpa n’a pas mis beaucoup de café dans son alcool, pensa Jed, mais il sirote quelle came ? Poliment, Jed fait : ouais, c’est terrible. Grandpa écarte le banc et s’attable. Il ouvre le journal, peut-être trouvera-t-il de l’inspiration. Les lettres du journal lui sont toutes rondes et Grandma le sait et lui fait la remarque avec amour et affection. Grandpa grommelle. L’humanité est sans mémoire et fuit en avant dans l’obscurité. Voici un peu d’éclairage, dit sa petite-fille en lui apportant sa paire de lunettes. Jed rigole. Mais Grandpa regarde loin derrière l’horizon, puis s’adresse à Sun, sa petite-fille, amour et affection sont les maîtres mots. N’oublies jamais ça. Les premières voitures commencent à réveiller les rues de Greendale. A l’écart de la ville, un coq chante au Ranch des Edith et Earl Green, parents de Sun. Un vieux cheval paît devant les bâtiments. Il a sur les flancs un Double L corrigé en E. La Cadillac blanche ramène Sun au ranch. Elle glisse entre les troncs bleus de l’allée qui n’est autre qu’une faille temporelle pour Grandma. Celle-ci est jeune et belle et célibataire comme Sun et enflamme les coeurs. Le sien est une fleur dont on peut voir la couleur des pétales dans ses yeux. Tiens, jeune homme je te l’offre. Notre Grandpa la regarde dans les yeux et l’accepte.
(7 juin 2003)

6
Seuls des petits délits de voie publique garnissent la prison de Greendale. Ce bâtiment est vieux, pour l’Amérique, et semble abandonné. Pourtant un locataire a aménagé confortablement une des cellules dont l’officier de police Carmichael n’arrive plus à mettre la main sur la clé. Le chat Behemoth apparaît dans la cellule et ronronne au Maître. Je reviens de la baie. Brrr ! Que d’eau ! Le Maître, installé dans son fauteuil, fait un signe d’agacement. J’ai embarqué sur le rafiot du Captain John Green. Ce capitaine fuit le vice comme la peste ! Il est assurément de très mauvaise compagnie ! Je plains ses deux jeunes matelots qui doivent le supporter. Je ne suis pas resté plus longtemps car ce Captain John Green m’aurait découvert. Si on lui donnait une leçon par une petite tempête sur sa coquille de noix. Le Maître secoua la tête. Trop simple. Il n’y a pas de jeu. Je trouverai mieux. L’angélus se fait alors entendre provenant de l’église voisine. C’est à ce moment que Jed sort de son appartement pour le village voisin. Allez Carmichael, dégourdis-toi les jambes. C’est l’heure de ta patrouille en dehors de la ville. Saleté de chat, fait-il en apercevant Behemoth. La nuit tombe subitement et aussi prématurément. Un mauvais grain se prépare se dit Jed en allumant ses feux devenus trop faibles dans cette forte obscurité.  Il accélère et suit la ligne médiane les yeux bien écarquillés. Un flash répété illumine les haies d’arbres qui l’entourent. La police. Merde. Ce n’est pas le moment. Et cet officier est réputé méticuleux. Faudrait pas qu’il s’avise à fouiller la voiture. Jed sent une boule se gonfler dans son estomac. Sa vision et ses pensées se troublent. Jed serre la crosse de son pistolet à la briser. Un coup sourd retentit. Jed flotte dans une dimension aérienne et liquide à la fois. Grandpa ne croit pas son journal. Notre cousin Jed collectionne armes et drogues et se retrouve en prison. Le temps est une roue dont les engrenages nous écrasent, dit Jed au visiteur Grandpa. Toute la ville est aussi choquée par cette tragédie. Le Maître, satisfait, parcoure les rues de Greendale. Il s’arrête devant la vitrine d’une galerie d’art et l’observe. Puis, il fait quelques pas de danse dans une traînée rouge.
(8 juin 2003)

7
Un vent malin soulève un tourbillon de poussière sur le cimetière de Greendale. A l’ombre d’un séquoia centenaire, repose Carmichael. Ses collègues de travail témoignent une sympathie réelle pour cet officier exemplaire. La veuve montre son irritation. Se douterait-elle de quelque chose ? parlent ainsi deux amies. Non. Le foulard et l’enveloppe avec les deux cent dollars étaient bien cachés chez lui. Je ne l’aurais jamais imaginé avec Lenore. Chut ! Je lui donnerais l’argent plus tard. Les voitures processionnaires se mettent en mouvement. La veuve est dans ses réflexions. Le passé est bien joli avec nos vacances à Las Vegas, nos fous rires et notre complicité. Mais maintenant, le présent est sans ta présence près de moi. Je n’ai que les murs à qui parler. Elle va se reposer et ferme doucement la porte de leur chambre. Earl Green entre dans son atelier en claquant la porte. Peindre autre chose autrement ! ? C’est me trahir ! Ce ne sera plus moi ! Que cette Lenore et sa galerie aillent au diable ! Quelques  bouffées de détente et Earl s’assoupit. Le Maître apparaît et regarde la production d’Earl éparpillée dans l’atelier. Il s’approche d’une table de travail où traînent pigments, pinceaux, tubes et pots de couleurs. Et parmi ce fouillis coloré se distingue une paire de lunettes. Le Maître les chausse, et, sourit. Puis, il les met sur le nez d’Earl, et s’en va dans un courant d’air qui réveille Earl. Celui-ci va pour se préparer un thé mais l’appel de l’Art est plus fort. Il pense prendre un fusain mais il s’aperçoit que c’est un crayon de sanguine qu’il a en main. Il frotte ses yeux et inspecte la netteté des verres de ses lunettes. Oh ! Que m’arrive-t-il ? Si mon inconscient se met à décider à ma place ! Voyons où il me mène. Earl trace des lignes avec frénésie sur la toile posée sur le chevalet.. Où trouver de l’argent pour vivre ? Sa spatule semble avoir pris possession de son corps. Il ne voit pas ce que peignent ses grands gestes sinueux. De l’aide auprès de qui ? Mon frère, mes amis ? Et quand mes paris sportifs ne seront plus foireux ? Un jour viendra mon jour. Earl, épuisé, regarde son oeuvre. Il retire ses lunettes, observe à nouveau la toile puis ses lunettes. Ce n’est pas de sitôt, dit-il dubitatif.

8
Homicide à Greendale. L’Internet explose sans bruit. Sa vidéo est reliée à l’hélicoptère qui a repéré la maison de Grandpa déjà abandonnée. Edith rassure Grandpa. Le Double E est une bonne cachette pour toi et Grandma. Notre chat effrayé est en fuite. Le diable est entré dans notre vie par la porte d’entrée, se désole Grandpa. L’hélicoptère fait partie, maintenant, du ciel de Greendale. Sun l’observe et entre dans la prison. Je t’apporte une lettre de Lenore. Sale temps sur Greendale, Jed. J’ai écrit une nouvelle chanson plus longue que ma vie, dis ça à Grandma. Comment va ton père Earl ? Très bien. Il peint dans un nouveau genre que j’apprécie peu. J’ai apporté sa dernière toile à ta mère. Elle est enthousiaste ! Elle expose son tableau près de ceux de Mazzeo ! Sun grimpe dans son pick-up et, inquiète du ciel silencieux, file au ranch. Les vans avec paraboles ont envahi bruyamment le Double E. Cette agitation malsaine a de quoi effrayer les animaux et tout être vivant. Les journalistes piétinent tout pour obtenir une larme et puis s’en iront en se moquant. Je ne vais pas leur offrir ce plaisir ! Fichez le camp ! Vous n’obtiendrez rien de moi ! Je n’ai pas besoin de passer à la télé pour exister. Grandpa se saisit d’un mauvais souvenir d’Earl quand il était au Vietnam, il le brandit en l’air et fait feu. Le Politzer est à portée de main, se dit Susan Carol. Elle se rue vers Grandpa avec des questions. Je mets votre sensationnel où je pense ! Ces émotions sont trop fortes pour le petit coeur fragile de Grandpa. Edith accoure vers lui alors qu’il s’écroule. Grandpa semble délirer. Ce chanteur ne s’arrêtera donc jamais ? Où veut-il en venir avec ces chansons ? Un journal avec à la une la photo de Jed recouvre la tête de Grandpa. Sun accueille Grandma au ranch. Belle Sun, il est temps que tu parcoures le monde. Pourquoi Grandpa est sur tous les écrans ? Je lui apporte une soupe que sa mère a préparée. Un avion traverse le ciel du ranch, avec deux passagers que nous connaissons et qui regardent par le hublot. Un « NO WAR » de paille est lisible. Behemoth : Chaque matin, Sun Green vient écrire ce slogan dans ce champ. Que va-t-on lui faire ? Le Maître : Rien. Sa vanité me plaît.

9
L’aigle majestueux de la compagnie électrique brille dans le couchant. Sun Green s’enchaîne à lui. A peine une heure de passée que Grandpa à trépasser. Sun dénonce, dans un mégaphone, tous les travers du monde des affaires, interpelle les cous serrés qui passent devant elle. Les journalistes changent de gibier et Sun sur son aigle passe à la télé. Personne n'arrive à la déloger, à la faire taire. Hey, M. Propre ! Tu es sali maintenant ! La vérité dite, Sun sort des projecteurs. La situation semble être à son avantage. Sun entre dans un bar se changer les idées. Deux gars, à qui le sourire est banni, la suivent. Sun est sur la piste de danse. Un grand étranger s’approche d’elle et leurs deux corps sont en accord parfait. Ils dansent se tenant par la main. Plus rien autour d’eux n’existe. Je suis Earth Brown et je pars, cette nuit, en Alaska, sauver les caribous. Rejoins-moi là-bas au printemps. Tu seras la déesse de la vie. Pourquoi attendre le printemps ? Je pars cette nuit avec toi. Attends-moi ici, le temps de passer chez moi récupérer mon chat. Sun trouve sa porte fracturée, sa chambre en désordre. Alki est un déchet sanguinolent. Deux gars sont à la porte. FBI. Nous vous arrêtons pour possession d’herbe. Sun n’entend pas ce mensonge. Vous avez tué mon Alki ! Sun est rapidement disculpée. Hey, M. Propre ! Tu es sali maintenant ! Je veux être la déesse de la Nature afin de sauver cette planète. Mais je serais constamment traquée par ses puissants ennemis. Sauvez la planète ! Vos enfants vous la prêtent, alors rendez-la leur en bon état ! Prenez conscience de ce qui vous entoure, de vos gestes ! N'écoutez rien d’autre que votre coeur ! J’ai fait un rêve. Nous étions terrifiés dans notre mission. Aurons-nous l’adhésion de l’humanité à notre cause avant qu’il ne soit trop tard ? Sun, nous voilà réunis. Partons en Alaska protéger la planète. Les compagnies avides n’arrêteront pas la destruction tant qu’existera un animal, un végétal. Est-il trop tard ? Cette planète est déjà bien malade. Soyez à sa place. Fondez-vous en elle. Soyez la pluie. Aucun relâchement n’est permis dans ce combat. Ressentez la souffrance de notre Mère la Terre. Faites l’effort d’essayer vraiment. Soyez la pluie.
(9 juin 2003) 

Résumé des chapitres précédents :
- Sun is a beautiful girl.
- She’s single ? ? ?
- Yeah ! Good question. Yes, she is.

10
Pendant une demi-heure, nous échangeons avec la salle nos impressions. Ben traverse la scène. Apparition furtive d’une femme blonde qui nous observe – trop étudiante pour être Pegi – Amber Jean ? « Be the rain, Larry ! ». Larry me regarde en rigolant et finit de ranger les nouvelles guitares. Neil revient. Avons-nous vraiment quitté Greendale ? Sur le chemin de l’Alaska, Earth et Sun mettent au clair leur relation. Seul, l’amour nous fera avancer dans notre projet. (Lotta Love). Les ailes déployées pour notre premier envol, tu t’es élancé et tu étais déjà parti avant que je te fasse un signe de la main. Mon cri te dira que moi aussi j’ai essayé. Je n’ai plus d’amour dans cette beauté sauvage. Les icebergs enlacent mon coeur car me voilà maintenant sans personne à aimer. Ne te laisses pas abattre par ça. Jettes-toi dans le regard des autres. Neil se jette dans celui de Larry qui comprend qu’il souhaite jouer sur la douze cordes. Ray se manifeste sur un ton aigu : Winterlong ! Neil, amusé, répète avec le même accent bien français : Winterlong ! Va-t-il s’exécuter ? L’introduction nous laisse perplexe. Qu’avait-il prévu ? Je suppose que c’était Pocahontas et non Cortez. Je t’attendais et te voilà Winterlong. S’il vous plait, une camisole pour ma voisine ! Ray ne se tient plus ! Son voeu le plus cher est exaucé ! Neil s’installe au piano. Des superbes notes apocalyptiques en jaillissent ! Une arche spatiale quitte à temps la planète vers un nouveau foyer. Neil fait une recherche dans son classeur (noir aujourd’hui). Je dis à Neil : « Ordinary People ». Il me répond : « Dis-moi quelque chose que je pourrais jouer - Tell me something I'll can play. ». Nous sourions. Une chanson pour les animaux et les enfants qui gambadent dans ces nuages que l’homme a désertés pour sa guerre terrestre. Salutations. Gigantesque tintamarre ! Je me mets en première ligne avec ceux qui sont restés accroupis devant le premier rang à l’entracte et qui regardent Neil avec des regards d’enfant. Heart Of Gold ! C’est la dernière ! Nous chantons debout avec Neil. Salutations, Neil reste regarder cette salle qui applaudit debout. Minuit, de nouvelles rencontres au bar. Puis les rues nocturnes de Greendale m’avalent au petit trot.
FIN
(5 juin 2003)

Denis Between The Rusty Words

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Le texte traduit




Setlist : Falling From Above / Double E / Devil's Sidewalk / Leave The Driving / Carmichael / Bandit / Grandpa's Interview / Bringin' Down Dinner / Sun Green / Be The Rain // Lotta Love / Expecting To Fly / Old Man / Don't Let It Bring You Down / Winterlong / After The Goldrush / War Of Man // Heart Of Gold




Explication de texte ! !

J'ai écrit : <<Attends-moi ici, le temps de passer chez moi récupérer mon chat. Sun trouve sa porte fracturée, sa chambre en désordre. Alki est un déchet sanguinolent. Deux gars sont à la porte. FBI. Nous vous arrêtons pour possession d'herbe. Sun n'entend pas ce mensonge. Vous avez tué mon Alki !>>

J'ai donné un nom (Neil n'en donne pas) au chat de Sun Green pour qu'il ne soit pas qu'un animal. Et donc d'où vient ce nom Alki ? ? ?
je vous rassure de suite, ce n'est pas du breton ! ! ;)

J'ai cherché un peu ce que je pourrai mettre.
Je voulais quelque chose d'original et de culture américaine ! !
Pas simple tout ça ! ! !
Et j'ai fini par trouver ! ! ! ! ! !

"Alki" est un nom que l'état de Washington s'est octroyé comme mot-symbole de son état.
Ce nom voulant dire à peu près "espoir" - "avenir" en langue indienne.
(De quelle tribu ? Je n'ai pas trouvé).

Par amusement, je vous conseille de relire le passage de mon chapitre 9, en remplaçant Alki par Espoir ou Avenir. ;)

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Guy : <<Mon chat me signale qu'il n'apprécie pas trop la remarque de Carmichael sur Behemoth, mais il est un peu susceptible en ce moment ...<<

Ma réponse : C'est que Behemoth a plusieurs apparences dont une étrange qu'il apprécie prendre : il porte une casquette rayée, fait dans les 35 kilos, marche sur les pattes arrières et fume les mégots de cigare de son maître. ;-))
A ce que j'imagine !! ;)
Lire aussi l'excellent roman déjanté sur ce thème du diable ! ! "Le Maître et Marguerite" de Boulgakov ! ! ! Seul, un russe peut avoir un esprit si débridé ! ! ! ! (Autre exemple d'esprit russe débridé : Dostoievsky : "Le crime et le châtiment" dont une mauvaise traduction française a traduit par "Crime et châtiment" ; Gogol : "Les âmes mortes").

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Compléments

Momo : "Et le pauvre français atterré au Palais Des Congrès regardant désespérément la scène vide après le concert, répétant: "800 balles pour cette merde".

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Alain : "Je vois qu'on est tous tombé sur le même "jeune désespéré". Il m'a fait la même réflexion alors que je remontais l'allée à la fin du concert. Il errait et manifestement il accostait les retardataires pour essayer de partager sa déception."

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Voici ce que Jac m'a raconté à Noël 2003 :
(j'espère sans trop de dénaturation)
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Je ne vous ai pas suivi dans le bar à la fin du concert du Palais des Congrès en mai 2003, et ce n'est pas parce que l'envie me manquait mais je suis resté dans la salle alors que tout le monde était sorti pour saluer mon vieux pote ingénieur du son au PDC. Celui-ci me dit qu'il n'a rien eu à faire. Neil amène son équipe personnelle qui s'occupe entièrement du son et de la vidéo. Oui, le show de Paris 2003 a été entièrement filmé par l'équipe de Neil. Je discute avec mon copain pendant une bonne demi-heure. En sortant du petit local situé sur le côté de la scène, Neil entre par une porte de la salle, située en bout de scène. Donc, moi je suis sur la scène et Neil dans la salle en bord de scène. Une longueur de scène nous sépare, et une scène c'est vraiment très large : nous sommes très éloignés. Neil se rapproche du milieu de la scène et donne quelques directives à son équipe qui termine le réemballage du matériel, et Neil repart par la même porte qu'il était entré. Il était accompagné par deux jeunes filles, une blonde et une brune.
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Cela laisse supposer que la jeune fille blonde serait Amber Jean et que je n'avais pas rêvé à l'entracte ! ! ! Extrait de mon compte-rendu de Paris 2003, chapitre 10 :
"Pendant une demi-heure, nous échangeons avec la salle nos impressions. Ben traverse la scène. Apparition furtive d'une femme blonde qui nous observe - trop étudiante pour être Pegi - Amber Jean ?"

Denis Between The Rusty Words
(09 janvier 2004)

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[Part 1 : Munich 2003]
[Part 2 : Stuttgart 2003]
[Part 3 : Amsterdam 2003]
[Part 4 : Hannover 2003
[Part 5 : Paris 2003 ]