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Neil Young - Rock am Ring Festival  2002 - (compte-rendu)


 


Ce week-end est marqué par le froid, la pluie et l’excellente humeur des nombreux festivaliers de Rock Am Ring ! ! ! Ce samedi soir est un des quatre soirs (finalement il n’y aura que trois) de la mini tournée européenne où Neil présente son nouvel album. On ne dirait pas que nous sommes en mai ! Je me caille et je ne suis pas le seul ! Neil se chauffe les mains, Booker T est mieux équipé qu’un esquimau, seuls Poncho et Smokey supportent le T-shirt. Les instruments en lançant des notes chaudes se dilatent. Tout danse pour un peu de chaleur, un peu d’amour.

souffle de vie rock
libère les mains figés
tous vos sens dansent

Neil nous remercie et fait signe au batteur de démarrer la suivante. Il ne faut pas se refroidir.

ouïes malines
mort tu sais rester libre
comment allez-vous

Monsieur Young s’inquiète de notre santé. Ca va bien ! ! Continues ainsi à réchauffer nos corps et nos coeurs ! ! Neil entame la première des nouvelles chansons jouées cette nuit.

ta voix disparue
tes plaintes ne chantant plus
ma note s’étiole

Son ambiance pince mon coeur. Je verse une larme de sang. Mais aussitôt Neil sait cicatriser ce genre de plaies en lançant cet extraordinaire morceau qu’est Sleeps_With_Angels. Quelle agréable surprise ! ! !

sa tête claqua
son étoil’ secoue la nuit
les anges ronflent

Neil : << Thank you. Nice to see you. I’m glad to be back in Germany again. Thanks. >> C’est réciproque ! ! ! Neil a supprimé ou oublié My_Girl prévu après Differently. Maintenant, il revient à son tout dernier tube qui est d’une extrême et adorable langueur.

l’âme est la cible
la proie sonde le chasseur
monde vacillant

Le son de ce groupe est très bon. Neil a trouvé un excellent équilibre musical ! Les choeurs féminins sont bien affirmés. Le piano n’est pas étouffé par les guitares. Et la batterie . . . Mais écoutez-là ! Regardez ce batteur ! Quelle pêche ! ! ! Il est fabuleux ! ! !

tambours sur la butte
plaies répétés dans le dos
peau des nues saignant

Neil laisse une fois de plus sa Old Black et boit un coup de flotte. << Nous l’aimons encore. Ce n’est pas un problème pour nous de la jouer. >> (We still love it. It’s not a problem for us to do it). Neil aurait pu occuper cet espace par un nouveau titre. << Mais c’est bon. Nous aimons toutes les chansons, J’espère que vous l’aimer >>. (But That’s ok. We love all songs. Hope you like it.)

vivre avec elle
père recoud mon escarcelle
aux rêves percés

Astrid et Pegi frappent des mains ce qui donne un nouveau tonus à cette vieille chanson. Neil nous dédicace la suivante. << Une ancienne pour vous venant de Zuma >>. (Another for you. A long time ago from Zuma. Hope you like this one). Bien sûr qu’on l’adore ! ! ! Il n’est pas permis d’en douter ! ! !

cheval au galop
vers fières pyramides
qui désarçonnent

Ces notes lancinantes n’ont jamais été aussi empreintes de beauté et de liberté que ce soir. Neil tu peux en être fier ! Neil boit un coup et nous dit << How y'a doin’ ? >>. Je le lui rends ! Neil attend le coup de fil de Pegi pour démarrer la suivante. Il chante avec conviction.

l’action est assise
les intempéries menacent
le sable s’enfuit

A la fin, peut-être pour mieux faire passer son produit, vendre son propos qui souvent passent mal à travers ses cds, Neil s’énerve sur sa Old Black pendant deux minutes. Il se peut qu’il tente seulement à se libérer du sablier. Neil semble perturbé : « Thank you. How y'a doin’ ? ». Un gars lui demande Old_Man. Sa guitare est reparti se faire régler. Neil la règle, la fait sonner. Il s’adresse à nous << Perfect ! >>. Le son particulier dont la Old Black a carillonné ne laisse aucun doute sur la chanson qui va suivre.

par grandes bouffées
l’eau respire l’étranger
que la terre noie

Le charme de la lune, qui, cette nuit, est près du premier quartier, opère. Chaque membre du groupe se laisse bercer par la mélodie, et démarre ensemble un morceau récent et bien triste.

sans soin infini
notre oiseau s’est fané
il reverdira

A mi-chemin, Astrid tourne le dos au groupe en se mettant au piano. Elle reste à cet instrument pour le morceau qui clôt Are_You_Passionnate.

mon coeur sans odeur
ma guitare dissèque
épouse parfume

Pegi peut être heureuse sur cette chanson. Contrairement à mes voisins, cette musique ne remplit pas la totalité de mon coeur. Je ne saurais pas vous dire la raison. J’aime l’harmonica et certains des nombreux riffs qui parsèment cette lente mélodie et qui est peut-être trop ‘‘Soul’’ pour mon âme actuelle. Neil comble l’attente de sa guitare. La température poursuit sa baisse : l’accordage se doit d’être fréquent. Neil fait de son mieux pour réchauffer ses mains. << How y'a doin’ out there ? J’ai peu de chansons pour vous. Environ quarante cinq minutes. Nous sommes content d’être ici en Allemagne. (Well I gotta few more songs for you up here. Maybe a half hour or 45 minutes or something like that. Yeah, you know how happy we are to be in Germany). Neil désigne Poncho : il vient juste de me dire ‘‘ Très content’’. (That's what he just said to me : ‘Very happy’) >>. Poncho lève les bras. Neil l’imite mais c’est surtout pour étirer ses membres engourdis. Une bonne blague neilesque le réchaufferait, une du genre : << La prochaine chanson . . . Poncho et d’autres la nomment ‘ma vieille chanson’ >>. En fait, Neil introduit la prochaine chanson en marmonnant quelque chose et se marre. Neil est content de sa blague.

bedaines gonflent
et ventres légers grincent
au vent du marché

La buée sort de la bouche en gros nuage. Tout le monde gesticule sur cette version endiablée où Booker T se débrouille plus qu’honorablement. Yeah ! ! ! Neil se retourne vers Smokey << Minute. >> et règle et écoute sa guitare fétiche. << Yeah ! Two_Old_Friends. >> lance-t-il agacé à un des ses gars. Poncho prend sa guitare acoustique.

chemin rapide
encrasse nos oreilles
pluie les purifie

Il émane de ce morceau un côté très Greendalien par un constat désabusé du monde actuel dans un blues qui présage beaucoup sa saga qui sera réalisée quelques mois plus tard. Je ne rêve pas : cette nuit l’amour et la musique est partout. Mon <<How y'a doin’ ? >> crié est repris aussi par un autre Neil de son test lance graduellement son fameux morceau des Buffalo Springfield !

bon chemin ou non
nos sourcils sont perturbés
je suis déjà loin

Sur ce rythme, tout le monde se réchauffe et surtout Neil qui se surpasse dans son jeu de guitare ! ! ! Magique ! Un << Thank you >> entre deux accordages. Neil travaille beaucoup à l’oreille ce soir entre les chansons. Ca lui donne soif, il boit même une gorgée en descendant la rivière !

nouveaux rivages
ta peau troublée résiste
coule-toi en moi

Un record ! Vingt sept minutes ! Et pas un seul instant d’ennui ! Un vrai régal ! ! ! Une performance extraordinaire ! ! ! Astrid s’étouffe et Booker T reste sans voix. Poncho se marre et jette des regards de malice à Duck qui est tombé dans une transe profonde. Neil répond par une grande sensibilité aux envoûtantes notes de Poncho puis à celles de Booker T. Pegi et Smockey sont admiratifs. Neil semble enchanté, nous remercie (Thank you everybody), et quitte la scène ! ! ! On hurle. On applaudit. Ah ! Le groupe revient. Un rappel était bien prévu sur la setlist originale. Enfin, ça devait être Helpless ! Mais Neil nous dirige vers un rock sauvage plein de révolte.

fruit défendu
ton jardin est mon panier
et je te croque

Neil lance un rire moqueur dans la chanson qui fait nous fait tous sourire. Neil danse avec Poncho, puis s’emballe sur des riffs fous et répétés en boucle qui amusent la galerie. Le morceau finit en un soubresaut ! << You are so good we’ll play another one >>. Neil file la Old Black à Larry pour la réaccorder une dernière fois en nous mimant que son technicien est excellent. Petite attente. Ensuite, Neil fait quelques accords légers. Larry revient pour mettre le collier avec son harmonica autour du cou de Neil. Celui-ci retire son chapeau pour faciliter la tâche de Larry. Neil en profite pour nous saluer de son chapeau de cow-boy. Neil ajuste son klaxon à anches libres et nous berce dans une lumière bleue.

oreiller choyé
où mon rêve se blottit
dans nos yeux fragiles

Astrid protège son regard par des verres de circonstance. Bleues. L’air vibre par le bleu des cordes et des lamelles métalliques. Nous partons avec le voyageur. Au piano, Poncho a un oeil sur le rétroviseur et ainsi ne se laisse pas surprendre par la fin du voyage. Neil nous salue, se débarrasse de sa guitare et nous abandonne, nous qui sommes encore dans notre rêve.

(4 janvier 2004)
Denis Between The Rusty Words


Je tiens à remercier Passenger, nypassionate et Marilyn pour leurs efforts de compréhension lorsque Neil introduit All_Along_The_Watchtower. Il semble que ça restera une bonne blague (si cela en est bien une !!!) qui restera dans l'obscurité.
Je tiens à mettre ce que nypassionate m'a indiqué sur la blague de Neil lorsqu'il introduit All_Along_The_Watchtower :
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"It's next Poncho('s) song. He would like to play . . .
. . . no song (1)
. . . old song (2)
. . . cold songs (3)"
Version 1 : Ce mec (Poncho) est un feignant de première, et il préférerait rester glander backstage sans se les meuler. D'ailleurs je vais inventer un nouveau concept, le Crazy Horse avec seulement Billy et Ralf, et j'appellerai ça Greendale . . .
Version 2 : Ce mec (Poncho) est un reac de première. Je me casse les meules à faire de nouvelles chansons (Are_You_Passionate venait juste de sortir) et il en revient toujours aux vieux trucs, en plus elle est même pas de moi.
Version 3 : Ce mec (Poncho) est barge : jouer en T-shirt avec ce froid de canard ! moi c'est sûr je (Neil) vais tomber malade et on pourra pas finir la tournée (Brixton day 2). Bon on va se réchauffer avec ça ...
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Le poème traduit





Mes haikus sont inspirés des chansons jouées cette nuit-là (18 mai 2002) :
When You Dance, I Can Really Love / The Loner / Differently / Sleeps With Angels / Are You Passionate? / Goin' Home / Cinnamon Girl / Cortez The Killer / Let's Roll / Powderfinger / Quit (Don't Say You Love Me) / She's A Healer / All Along The Watchtower / Two Old Friends / Mr. Soul / Down By The River // Fuckin' Up / Helpless