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Neil Young - Stuttgart - May 07, 2003 (compte-rendu)


 


Ma semaine germanique (partie 2 : Stuttgart 03)


     La seule chose dont je me souvienne de ce mardi 6 mai, est que je n’existe plus. Neil fait relâche et tout mon être aussi. La chaleur écrase mon corps, liquéfie mon esprit. Ne serait-ce alors pas trop excessif de dire que j’ai consacré cette journée à dormir et à me reposer ? Je ne saurais vous le dire. En tout cas, le soir venu, je m’endors à nouveau dans l’hôtel au toit couvert de mes 19 étoiles. J’ouvre les yeux, des gyrophares clignotent dans la nuit. Un policier frappe : "Polizei ! Kontrolle ! Passeport et papiers de la voiture s’il vous plait". Ne me confondez pas avec le cousin Jed ! Je n’ai ni drogue ni arme. Je crois qu’ils ont compris le message mais ils emportent mon sommeil avec eux et ne le relâcheront que la nuit suivante. C’est alors qu’une grande rose violette plantée près de ma voiture m’interpelle : "Are you passionate ?" C’est la seule chose qu’elle sait me dire à toutes mes interrogations. L’après-midi, Stuttgart se découvre préservée de la canicule, au creux d’une vallée rafraîchissante. Quand les vitrines des commerces n’étalent pas des voitures elles reflètent les belles voitures allemandes en stationnement. A l’heure qu’il est, Neil doit sûrement rouler dans une de celles-là pour visiter la ville alors que Larry défend le bus car deux fans allemands, crayons et carnet en main, quêtent un autographe. Il est 15H00. Ils garderont le bus jusqu’à 19H45, sans succès. Je discute avec Yann, un strasbourgeois qui est de toutes les tournées européennes de Neil, sans exception, depuis 1993 ! Il aime surtout le son provenant des vinyles, il en a 200 de Neil. Son préféré : Tonight’s The Night version américaine. La qualité sonore des vinyles variait-elle selon les pays ? Je rejoins le lieu de rendez-vous des rusties. Il n’y a personne ? Peter "Hard_To_Handle" me tape sur l’épaule : Hello, nous sommes sur l’autre terrasse qui donne sur l’autre rue. Je fais la connaissance de rusties dont le Français Philippe. Mais il m’est difficile de lui parler de ma visite à Münich car il ne veut rien savoir. Il a bien tort ! Car au lieu de gâter la vie, cela l’embellit pendant le show. Il le reconnaîtra plus tard comme tous ceux que j’ai rencontrés par la suite et qui avaient la même opinion. Quelle est donc cette salle Lierderhalle Beethovensaal ? Elle me fait penser à une salle polyvalente avec son parquet ciré et vernis. Des rangées de chaises y ont été fixées à même le sol. Je suis assis inconfortablement dans le dernier tiers de la salle, au rang 27, un petit balcon au-dessus de ma tête. Et Neil arrive, nous fait la conférence sur Greendale agrémentée de chansons. "J’écris beaucoup, d’autres jours peu". Je demande à mon père : "Qu’est-ce que tu écris ?" et il me répond : "Je ne sais pas ce que j’écris". Neil me semble moins bavard dans la partie Greendale, mais peut-être ce n’est qu’un ressenti trompeur, ce dont je suis sûr est qu’il jamme peu entre les morceaux contrairement à Münich. A mes côtés, l’Américaine (venant de l’Ohio, mais vivant en Allemagne) et son ami rigolent plus que les autres quand Neil introduit les chansons mais n’applaudissent pas à tous les morceaux de Greendale. Phil me dira que c’est un nouveau tournant dans sa carrière, après avoir été l’amant avec "Harvest", le mari avec "Harvest Moon", avec "Greendale" c’est le vieux papy qui raconte des histoires à ses petits enfants. La plupart de ses nouvelles chansons sont plus parlées que chantées. Dans le second set, Neil dira qu’il y a deux jours, il jouait à Münich, (je sais !), l’acoustique et le public étaient bon, Münich et Stuttgart sont comme deux soeurs. J’ajouterais aussi que comme à Münich, le son est augmenté pour Be The Rain. Comme à Münich, Neil jouant de la guitare se trouve parfois projeté en ombre chinoise sur le mur droit de la salle. Effets que je ne verrais plus cette semaine. Après un Lotta_Love impeccable, une fille devant et sur ma gauche crie d’une voix aiguë : "Carry_On !"Neil se marre : "Carry_On ? What’s that song ?". Il s’installe au piano alors que le cri de la fille continue à être aussi perçant. Neil rigole, joue le premier accord de Carry_On, et dit : "C’est tout ce que je connais de Carry_On !"puis il continue son set. Neil prend beaucoup de plaisir ce soir, avec cette fille qui réclame, tout le long de ce set, ce morceau de Stephen Stills, et aussi quand il entend : "Rust never sleeps, man !". War_Of_Man est encore une fois dédicacé aux animaux et aux enfants de l’Irak. Neil nous revient déjà pour Heart_Of_Gold. Ce second set est assez court mais vraiment excellent ! Voilà que Neil se lève, prend sa veste posée sur sa chaise, nous salue en longeant la scène, serre une main tendue, et se dirige vers la sortie, se retourne vers nous, brandit sa veste afin de signifier : je pars cette fois-ci avec ma veste, cette sortie est la bonne. Je rejoins les rusties (dont Felix, Joachim...). Pour la plupart, c’est la première fois que je les rencontre et pourtant... oui... je me souviens d’eux ! Je prends un grand plaisir à cette idée mais... il y a quelque chose d’effrayant de se souvenir de quelqu’un qu’on n'a jamais rencontré auparavant (comme la fille de Baden Baden, et j’ajouterais la fille venant d’Ohio) ! ! ! Une fille enjouée affublée d’un chapeau avec une grande fleur jaune, m’aborde en me disant : "On s’est déjà rencontré ? / Je ne sais pas. / Si, tu viens d’Espagne ! / Non. Toi t’y a été en Espagne voir le Horse en 2001 ? / Non, je n’ai jamais mis les pieds en Espagne... Ah ! J’ai trouvé ! ! ! C’était à Lörrach, oui, oui, oui, à Lörrach il y a deux ans. C’est fou comment je me souviens très bien de toi ! ! !". Je crois me souvenir de toi, oui, merci de m’éclaircir cette zone d’ombre bien que je ne sache pas si on s’était parlé, sans doute salué car à cette époque, le "Snoopy’s ticket" avait fait fureur chez les rusties allemands car j’en étais un acteur. Je me dois finir par un extrait de Carry_On. Where are you going now my love ? [Où vas-tu maintenant mon amour ?] Where will you be tomorrow ? [Où seras-tu demain ?] Will you bring me happiness ? [M’apporteras-tu le bonheur ?] Will you bring me sorrow ? [M’apporteras-tu le chagrin ?] Je n’ai pas de réminiscences du lendemain aussi je dois patienter pour avoir les réponses à ces questions que vous trouverez dans "Ma semaine germanique (partie 3 : Amsterdam 03)".

A suivre...

Denis Between The Rusty Words
(15 mai 2003)

Le texte traduit





Setlist : Falling From Above / Double E / Devil's Sidewalk / Leave The Driving / Carmichael / Bandit / Grandpa's Interview / Bringin' Down Dinner / Sun Green / Be The Rain // Lotta Love / Expecting To Fly / Mother Earth / Don't Let It Bring You Down / Old Man / After The Goldrush / War Of Man // Heart Of Gold





[Part 1 : Munich 2003]
[Part 2 : Stuttgart 2003]
[Part 3 : Amsterdam 2003]
[Part 4 : Hannover 2003
[Part 5 : Paris 2003 ]