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Neil Young - Rotterdam 1987 (compte-rendu de Double F)




Quelques commentaires (personnels) sur ce concert ....

Chaque tournée de Neil possède ses propres caractéristiques ; les crus diffèrent, chacune apportant un témoignage de l'évolution du personnage.

Les versions de Like A Hurricane de 2001 ne peuvent être confondues avec aucune des versions antérieures (76,82, 87, 92, 96, 97….).

Et puis, à l'intérieur de chaque tournée, il y a l'imprévu… les variations d'un jour qui ne seront plus reprises ensuite … est-ce le résultat d'une simple expérience, un ballon d'essai ? est ce que cela a été prévu, planifié dans la journée ou est ce seulement l'inspiration due au lieu ou au public ?

En 87, les concerts étaient pleins de rage et de fougue, avec des morceaux électriques rapides, incisifs, dépouillés aussi, aidés en cela par une batterie martelant un tempo comme une boite à rythme et un synthé omniprésent.

Le début des concerts est d'ailleurs hautement symbolique : le trio Mr Soul/Cinnamon Girl/The Loner (ou Mr Soul/Cinnamon Girl/When You Dance pour d'autres concerts) est sans doute un choix volontaire : rappeler à ses fans, au moyen de grands "classiques" qu'il est toujours le même, que ses expériences de la décennie ne sont qu'une étape et qu'il ne s'est pas renié … il a simplement évolué…. et il évoluera encore.

Car ces trois morceaux ne ressemblent pas à leurs nombreuses versions antérieures : le rythme est plus rapide, le jeu quelquefois basique, voire brutal mais toujours efficace.

Le 27 mai, le public de Rotterdam était manifestement là pour entendre ce Horse de 87… très rapidement, on sent une alchimie, une connivence entre le public et le groupe…. et de plus, le groupe, ce soir là, était vraiment en pleine forme et parfaitement à l'unisson.

Down By The River le montre bien : c'est le 4ème morceau dans presque tous les shows de cette tournée ; Neil se sent en pleine forme, il improvise une intro guitare ; et c'est le début d'un extraordinaire DBTR… de très beaux solos sur lesquels Neil va improviser vocalement.

Name Of Love possède lui aussi un rythme bien plus soutenu que la version studio…. il sera interrompu…. "it's a new song" Neil dixit, et c'est vrai qu'il ne le joue que pour la deuxième fois (la première était 2 jours avant à Toulouse).

Le premier set acoustique : classique de cette tournée (Heart Of Gold/ See The Sky… (non rejoué depuis 71)/ATGR) ; un moment superbe, sans doute grâce à l'enregistrement qui nous permet d'entendre le public complice chanter ; la version de See The Sky… est très belle - ATGR est joué au piano (bien meilleur que l'orgue), un accompagnement au synthé va intervenir en cours de morceau lui donnant une tonalité très particulière.

Retour du Horse : un Too Lonely très efficace ; When You Lonely Heart Breaks ; Opera Star : quel punch ! quelle folie dans ce morceau !! une version incroyable qu'il achève comme un vieux 007.

Cortez….il n'en finit pas d'arriver avec ses galions et ses armes… et on ne s'en lasse pas - je crois d'ailleurs qu'on ne s'en lassera jamais ; encore une très belle version, mais y'a t'il une mauvaise version de Cortez ? (à part Canandaigua 1996).

Deuxième set acoustique : Neil est très détendu, il plaisante et improvise sur son harmonica… Sugar Mountain, Old Man, Comes A Time : la foule chante, frappe dans ses mains lors des refrains… un autre très beau moment live. Mideast vacation/ Long Walk Home… les incontournables de cette tournée ; on passe vite.

La fin du concert est elle aussi extraordinaire : d'abord, une version très rapide d'American Dream avec synthé…. et un sax ! qui joue avec le Horse ? (Larry ?) ceci n'est pas mentionné sur Sugar Mountain…. puis un Powderfinger impeccable permettant encore de superbes solos de guitare ; LAH ne faillira pas à sa réputation. Le concert se termine avec HHMM … somptueuse intro et une version encore très directe et énergique… le public est bien présent encore et la fin du morceau est apocalyptique.

Bref, un Horse en pleine forme, un Neil inspiré aussi bien dans ses compositions acoustiques qu'électriques, un public fantastique…. tous les ingrédients d'un grand concert.

François





[Greendale 2003][Vienne 2001][Rotterdam 87][05-24-78]