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Autour De La Guitare (13-14 avril 2007)
Trégunc (France)



Autour De La Guitare 2007
1. Vendredi 13 avril 2007 - Trégunc - Première matérialisation
2. Samedi 14 avril 2007 - Trégunc - Seconde matérialisation
3. Epilogue 1 : Interlude
4. Epilogue 2 : Master Class (dimanche 15 avril 2007)
5. Appendice : Les websites


Vendredi 13 avril 2007 (Trégunc) - Première matérialisation
 
Ne faut-il pas avoir l’oreille bouchonnée
Pour ne rien discerner sur la lande courir ?
Cette nuit invite nos frissons à fleurir !
(...?) Bredouille aux braies de la nature fortunée ?
 
Mais jetez-vous au fossé pour frémir (au souffle
De feu Paul Rannou) en feu follet ricochant
Contre un extravagant menhir - comme épluchant
Un silex - avant que la chaleur ne s’essouffle !
 
Les épaules de Philippe Revert, dressées
Comme un dolmen bien surnaturel, réfléchissent
L’éclair nourri des solistes qui s’affranchissent
Vers l’insolite ! Sterenn aux roues épicées...
 
Glissez, rampez, creusez : vous avez le champ libre
Vers "Le Chemin Du Choix" de Jean-Félix Lalanne.
Le long des sentiers déshérités, la vraie manne
Fête bruyère et genêt. Notre lande vibre !
 
Et sans égard à quelconque chape nocturne,
Mon regard s’attarde sur des ombres flottantes
Aux têtes aussi étirées que palpitantes
S’accordant à paître en harmonie sous Saturne.
 
Une gousse de genêt ayant conservée
Cette chaleur claque et trouble les faux démons
Que sont les elfes et qui, par Michel Haumont,
Vont de la ronde au bal des couples. Joie gravée !
 
Le mélodiste Jean-Marie Ecay (Nougaro)
Produit, par son style, des toupies collectives
Sur ses collines électriques sensitives.
Les vifs elfes ploient les lois tels les maestros.
 
Né au coeur de la lande avec insouciance,
Cet univers intriguant me charme, me noie
A égarer ma tension... Ma chair tournoie...
Où tout cela va me mener ? J’ai confiance...
 
Les ombres ont revêtu une panoplie
- Oh ! Angelo Debarre ! - aux couleurs chatoyantes.
Chevauchant des poneys aux robes flamboyantes,
Les enfants à cru couronnent l’espièglerie.
 
Ces corolles se déplient sur "La Goutte d’Or",
Aux ruelles sincères et harmonieuses,
De ce Paris aux échoppes si précieuses
Dont Michel sait restituer ce fin trésor
 
Politiquement dépossédé de l’ombrage
Qui berce le piaf... pas le cycle du perdreau...
Si la nostalgie suinte sur un arbrisseau,
Ici, Jean-Félix essuie ces bois au passage.
 
Les artisans n’ont plus leur cirque convivial.
Et même dans cet estaminet populo
Où tous les gosses, sans le moindre trémolo,
Se croient anges vidant un diabolo social.
 
Angelo y entre et leur sort la noble chose :
Le cauchemar que chacun souhaite en sortir
Avant qu’ les poules ne soient volées à rôtir
Pour leur bridge en or. Ah ! Leurs néants et névroses !
 
Angelo cherche à secouer leur solitude
Morose. Cherchant à sonner et à friser
Leur corde sensible, Angelo y parvient et
Jean-Marie les convie à la sollicitude.
 
La réplique d’Angelo bouillonne de notes
Des plus volubiles exprimant son accord.
La musique est un voyage sans un rebord
Pour y appuyer notre âme truffée de mottes...
 
... Alors la joie floconneuse nous envahit
Et nos micelles pulvérisées se retrouvent
Sur les rivages taquins que nos contours couvent
En "Bras Dessus, Bras Dessous" avec Jean-Marie
 
Et Jean-Félix. Nous déboulons et goûtons le sel
Sur nos lèvres... Du sable aux joues... Puis nos fins pieds
Jouent à l’équilibre vif sur les rocs striés.
L’éclat carmin qui résonne est universel.
 
Les mains abordent l’exploration
De l’autre dans une ronde endiablée.
Là, flottent, au-dessus de l’assemblée,
Les flammes de leur palpitation.
 
Les mains de Jean-Félix gaies comme sa frimousse
Font surgir des pétales roses à la faveur
D’une quiétude afin que la tendresse en fleur
Se déploie sur les étoffes de l’aube douce
 
Attendant l’aurore angélique qui soulève
Nos paupières avec frénésie. Dans le ciel,
Le soleil galope et son sillage cruel
Cuit une traînée de poudre d’hélium - sa sève.
 
La foire de dressage équin bien ondulante
Fournie à présent n’est pas un concours dicté...
Michel et Jean-Marie en toute liberté
Sur des étendues amusantes et changeantes...
 
Au domaine de Django Reinhardt dominant
La lande, il y a toujours place au Boléro :
Mixtion exquise de huit mains sans accroc...
Gît le rire seigneurial tourbillonnant...
 
Céline à mon oreille : "Quel morceau jouer ?"
La voici appelée sur scène ! En funambule,
Son plaisir avec "Hey hey" de Clapton circule
Si bien que Jean-Félix s’amuse à l’escorter.
 
Voici Thierry et ses baraquements boiteux
Aux desseins noirs. L’herbe colore en bleu ce bouge
Perdant sa misère aussi par un gospel rouge
Illuminé par son Dobro si plantureux !
 
Bird lives ! Jean-Marie précipite ce be-bop
Hors des plats graisseux de New York, et improvise
Dans le très subtil ramage que magnétise
Aussi Angelo. Gammes altérées... Le  top !
 
Puis, Jean-Félix et son do sol do sol do ré
Saisit Michel au conte du lépidoptère
Butinant si tôt dans le vent au caractère
Fiévreux. Il file à se cogner à un fourré
 
Fort nébuleux. "Sweet Sadness" me signalez-vous ?
Le papillon est aux anges. Sa réussite
Lui est céleste à causer une méningite !
Les guitaristes (sans Michel) louent le remous
 
Du Flambé à la barbiche azurée chutant
Sur un mouton. La bienveillance de sa laine
Décrit les ombellifères de la vilaine
Jeunesse : le garde-manger du ver broutant.
 
Ailleurs, par une chaude et citadine nuit,
Seul Angelo se fige à l’eau des cabrioles.
Dans ce bar si obscur emplie de lucioles,
L’été tinte tel Jean-Félix heurtant minuit.
 
L’épatant "tapping" est vraiment prodigieux !
L’émerveillement n’est pas à son apogée.
Les quatre attisent la vision imagée
Que connaissent bien les chérubins radieux !
 
Merci Marcel Dadi ! (...) Un rappel bien plus fou
Est inconcevable... Et pourtant ! Toutes les hanches
Gigotent. Les anges, aux menottes étanches,
Cueillent l’avenir gaillard mais néanmoins flou !
 
Ils poinçonnent de leurs bottes sadiques
Le strapontin
Rouge de leur bus. Leurs sauts si ludiques
Oublient demain...
 
Denis Between The Rusty Words
(28 avril 2007)                 [Top]


Samedi 14 avril 2007 (Trégunc) - Seconde matérialisation
 
Dans ces voyages musicaux, le paysage
Se façonne en contours malléables - semeurs
Incessants - suivant la texture et la fraîcheur
De notre pâte neuronale sous l’orage.
 
Hier, je parcourais la lande magique ainsi
Que ses passerelles obliques fort secrètes.
Là, il s’agit d’une galaxie à facettes
Bien inouïe pour l’exo-Terrien que je suis !
 
Les paisibles nébuleuses ont leurs saisons
Harmoniques. Guidé par Jean-Félix, mon être
Tamise les étoiles bleues à disparaître
Afin que la vie prolifère sans raison.
 
Ah ! Michel nous décrit un peuple délicat
En effervescence. Oui ! Des humanoïdes
Tournent sans panique sur leur astéroïde
Qu’ils dévorent puisqu’ils raffolent de nougat.
 
Jean-Marie Ecay, qui dans un agrégat bleu
Echafaudé comme un gruyère, batifole
Tel un fin lutin de la cuisse d’Anatole.
De qui ? C - Am - Dm - G7, ventrebleu !
 
Les mains d’Angelo traînent parmi des vapeurs
Filandreuses. Par ses gestes souples et neufs,
Une pomme arc-en-ciel s’échappe de son oeuf
Et se disperse vers l’embryon des douceurs.
 
Dans une nova en forme de coquillage
De Saint-Jacques, Jean-Félix et Michel allient
"Ensemble" leur ventre grouiller. Ils incendient -
Rouge et vert - l’expresso en lumière sans âge.
 
En frères, Angelo et Jean-Marie pilotent
Au travers d’un long flux de bolides frappés
De contredanses abstraites. Ces enjoués
Poussent leurs circuits, qui en clôture mijotent.
 
Jean-Marie et Jean-Félix témoignent de gestes
D’amitié que le virtuel ne connaît pas :
La douceur cathodique est un extrême amas
De larmes. Ici les doigts enchanteurs et lestes
 
S’enlacent. Les dés euphoriques sont lancés
Jusqu’au non-retour sur notre terre poubelle.
Je garde l’état d’extase, tel un rebelle
Et ses ribambelles de lunaison à clés.
 
Certain que l’atterrissage m’est inconnu,
Je me noie dans les nuages nacrés des quatre
Artistes qui n’omettent pas de faire battre
Aussi l’atout Reinhardt et Dadi si charnu.
 
Les signes de complicité se poursuivront
Même avec les fameux as de la scène ouverte !
Mathieu atteint son rêve qui devient alerte :
Jouer avec Angelo - son dieu vagabond.
 
Christophe chante la déesse du lanceur
De couteaux, honorant un regard théâtral.
La roue de la vie n’est sûrement qu’un bocal
En extension où baignent nos bleus songeurs
 
Se diluant en de longues vagues cosmiques
Dans une clarté sympathique de couleurs
Harmoniques. Michel pense à son modeleur
De guitare rouge... Il partage la rythmique
 
Avec Jean-Félix qui dédie à sa nièce
La suite : "Selena’s Dream". De la flânerie
Au ballet moderne ravit la rêverie
De toute gamine pleine de hardiesse.
 
Deux fameux guitaristes écoutent masqués.
Seul Soig Siberil consent à l’irruption
D’une forme truculente d’ambition.
Après, Jean-Félix jouit de ses doigts défroqués
 
Sur la "Nuit Blanche" de Michel. Comme un tachiste
A son oeuvre s’oubliant dans le temps zéro,
Ils se mettent à peindre le big-bang chromo
Avec Jean-Marie. Où est donc le darwiniste ?
 
La création nous escobarde à son aise.
Les quatre pour Dadi affichent leurs magies :
Les feux dans les flots au chic fleuve des bougies ;
Les chalands sous un essaim de mouches à braise.
 
Les guitaristes s’excluent tels des dieux comblés.
Alors, l’audience en névrose fait pression.
Enflammés par le coeur d’Angelo, les Lions
Chauds se muent tous en manouches auréolés.
 
Nous, voyageurs, avons ouvert tout notre coeur
Dans ce transfert de flammèches si grandioses
Et bien fraîches de la pêche à l’apothéose
Qu’artifices et sacrifices sont liqueurs.

********** Epilogue 1 : Interlude **********

Par bonds marsupiaux, je rejoins la tribu.
Sunny inquiet : "Attention ! C’est un fondu !"
Rustywords-TV est sur rails ! La mire est bonne !
Je brave ma part de marché (myspace) luronne.
 
H.B. et d’autres traquent mes addictions.
Les rires sont de cristal. M. prend l’option
Crayeuse. Oh ! Allons ! Ma chaîne à dérouiller
Est hardie : conçue à ne jamais dérailler.

********** Epilogue 2 : Master Class **********

"Je vous tourne le dos : sentez ces deux accords.
Pareils ?" Jean-Marie et ses tours : C. plane fort.
C’est toute une analyse d’affronter les cordes
En sixte quarte, forger la note qui concorde
 
Juste par l’angle de l’ongle. Le raidillon
De l’Art est un labyrinthe... Beugle un  grillon :
- "Tout l’attirail est dans le sac de Mourie-Lime !" (...)
Yann me dit : "Que fais-tu là, l’infirme ?" - "... Mon crime..."

Fin

Denis Between The Rusty Words
(1er mai 2007)

© IDDN 2007

Le poème traduit

Appendice : Les websites des guitaristes présents à Trégunc en 2007 :
Jean-Félix Lalanne
Michel Haumont
Jean-Marie Ecay
Angelo Debarre
Soig Siberil
Céline du groupe Prettys N Co
Sunny (aka : Christophe)


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