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Neil Young - Miami 1991 (compte-rendu)




Son astre revêt son tee-shirt de Paix,
Son Micro dresse des courbatures,
Son fermier Larry a le dos épais,
Son ruban jaune sent Les Boutures

Qui se détruisent au jeu vidéo,
Terrées bien trop loin de leurs racines.
Nous endurcissons bien des idéaux,
Car ici ce soir Neil Young vaccine

A tire-larigot. Il prend soin de nous.
En mordant son rock, sa folle rage
De virulence, se propage en nous.
Le sérum actif fend les barrages.

Le public acquis danse, applaudit
L’insensée furie qui est inoculée
Par ce vrai rocker toujours inédit
Dans ses mélodies parfois éculées.

Le crime reçoit le pied du rebelle,
Nos sens éveillés apprécient ce poing.
Ralph, barricadé derrière ses poêles,
Reste stoïque et gagne des points.

Les routes lentes et très sommaires
Flottent sous les pleurs de brise et brouillard,
Voient l’Humanité bien solitaire
Dans des spécimens au ton nasillard.

La riche vallée de notes fauves,
Qui sont recueillies dorées ou rouillées,
Ravit les gourmets. Cet amour sauve
La ferveur des nuits souvent effeuillées.

Quand cette fille nous mue en sujet
Si attentionné, la vie innove
Au chalet où l’oeil ondule l’objet
De cette âpre joie de la mangrove.

Loin du doux canot, l’aéroglisseur
Vrombit - ces moteurs ! - et tambourine
Le vernis rêveur, et mord le penseur,
Et, bouillant, ronge la mandarine.

Pour dix milles îles à bien féconder,
Un explorateur se doit d’étirer
La route du temps pour vagabonder
Sur les secondes, surfer, délirer.

Ici - Miami - le prospecteur vit
La saveur d’un pas sur la Nature.
Cette union grandit l’être qui survit.
La joie explose toutes coutures

Jusqu’à oublier les trois compagnons
Afin de chercher la complicité,
En nous invitant, comme les grognons,
A abandonner la mendicité.

Le fermier Larry joue l’épouvantail,
En battant l’esprit de la Old Black, ou
Est-ce le rite conviant l’Eventail ?
Les coeurs et tripes, like little girl who...

...Ne peut attendre, partent, derechef,
En un corps perdu d’un dément farceur.
Des étoiles bleues courent sur nos chefs,
Sur nos joues sèchent leurs petites soeurs.

Brume dissipée, Le cheval nommé
Cède en ruade au déchaînement
Ambiant, dégourdit ses pattes rythmées
Vers hennissements, tourbillonnements.

Le fermier Larry le rentre à l’abri,
Couvre qu’en partie les hautes sorties
Car se rapproche le ciel assombri,
Sifflant, qui baigne dans l’antipathie.

Or, l’impressionner est le seul biais
De le modérer. Lui lancer de l’eau
Ne l’abreuve pas. Ce nerf, qui liait
Ce cheval, est bien sacré par des aulx.

Billy prend soleil, Ralph cloue l’arc-en-ciel,
Poncho attentif suspend sa guitare,
Neil lui désigne l’oiseau dans le ciel.
Tous s’introduisent dans de fous hectares.

La poudre remue la voie en souffle,
Les barbelés secs sont déracinés,
Les forts naseaux broient, le vent s’essouffle.
La farandole fond en mutiné.

La colombe dort sur sa berceuse.
Les feux sur le fil vont être pliés.
Deux heures de claques applaudisseuses
Ont ébouriffé mes joues anémiées.


Denis Between The Rusty Words
(19-03-2005)
© IDDN 2005

Note : Aux USA, pendant la guerre du Golfe, le fait d'arborer un ruban jaune était populaire et signifiait "Faites que nos troupes reviennent sauves" ou "Nous aimons nos troupes". Ceux qui n'affichaient pas ce symbole (ruban ou aimant) étaient considérés du côté de l'ennemi. (John G.)

Le poème traduit





Setlist de ce show : w/ Crazy Horse ; 03-09-1991, Arena, Miami, Florida

Hey Hey, My My / Crime In The City / Blowin' In The Wind / Love To Burn / Cinnamon Girl / Mansion On The Hill / Fuckin' Up / Cortez The Killer / Powderfinger / Love And Only Love / Rockin' In The Free World / Welfare Mothers / Like A Hurricane
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Groupe :

Neil Young : vocals, guitar, keyboards, harmonica
Frank Sampedro : guitar, keyboards, vocals
Billy Talbot : bass, vocals
Ralph Molina : drums, vocals
Larry Cragg : farmer, technician