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Neil Young - Milan 1993 (compte-rendu)




De belles crasses en chaud noir
Puis le flottement électrique
Nos pulsations en laminoir
Comme avant devoir obstétrique

L’accouchement est lumineux
Les guitares en delirium
Le timbre est vertigineux
Ce très vieux swing est son opium

Si l’étiquette est mise bas
Le rock reste son image
Et n’ira pas en contrebas
Par des clacs ou clinquants ramages

La vie est une solitude
Inconnue Notre âme jardinière
Se cache (par inquiétude ?)
Notre corps vif est sa tanière

Le plan lancinant se constelle
En luxuriants hululements
De douces lanières flagellent
Des cuisses amoureusement

De larges yeux économes
Rythment par ces traits passifs
La berceuse couleur métronome
Qui nous jette en bleu expansif

Des mots à l’oreille révèlent
Des épaules éloquentes
Sérénade et manivelle
Pour des formes si craquantes

Attisées du fait d’Arcturus
Elles se désaltèrent
Puis se tossent les humérus
Sont prêtes pour leurs haltères

Et le tour de passe-passe survient en un clin d’oeil
Juste au moment de l’effort, le solitaire
Coupe leur son, se faufile - vers son cercueil -
Dans une échappée amusée et volontaire

L’harmonica glisse en rouille
Régulière sur la tirelire
S’étire vers une large bouille
Sous l’ovation en délire

"What’s happenning ? How you doin’ ?
It’s nice to see you again."

Faire l’innocent approbateur
Tient du procédé arrogant.
Quatre trajets d’un médiateur
Sont un bon liant d’ouragans

Et la nouvelle recette
Contient de bons ingrédients
Pour se nourrir par pincette
Et distraire quelques clients

Très complices et fort drôles !
Vent de beaux frissons saturés
La permutation de rôles
Part vers la scission torturée

Applaudie et si inconnue !
Une autre douce bourrasque
Nous plonge tous dans l’avenue
Cachée au creux d’une vasque

Le plan lancinant se constelle
En luxuriants hululements
Des mots à l’oreille flagellent
Des épaules amoureusement

Et la fièvre nous ébranle
Jusqu’au bout des doigts comprimés
Tels laissés dans un chambranle
Et nous voilà inanimés !

Des tabourets sont apportés
A la lune je vois danser
Vous et ce tourment emporté
Le noir ne va rien nuancer

Le solitaire est bien seul
Et se croit parmi des ombres
Au profil blanc tel un linceul
D’un signe sort sa pénombre

Le gigotement est de mise

A l’imitation rieuse
Une corde s’est démise
Sur la ligne giboyeuse

Pour décroiser cet endormi
Insensible au mouvement !
Un échange se fait. Non ? Oui ?
Mais le flot meut déjà l’ami

Le sans-voix rejoint notre bord
Et puis il est récupéré
Par la chaloupe par tribord
Pour un climat moins tempéré

Aux longues rafales. D’un saut
Le Grand Timonier modifie
Le cap pour un libre sursaut
De corps et mains qui vivifie

La révolte s’appuie sur l’air
Keep on rocking, everybody !
Le Trublion offre sa chair
Sa main écrase ce jeudi

Et le rend sur la tour du guet
Sans les formes féminines
Plié tel cueillant le muguet
Fou tel armé de canines

L’agitateur nage confus
Mais tout est joie pour ce singe
"Thank you everybody !" Refus
Qu’il repose ses méninges

Mais rien n’y fait et la notte
Dissout notre poids adouci
Mais notre âme est décrottée
Grazie e arrivederci


Fine

Denis Between The Rusty Words
(20-02-2005)
© IDDN 2005

Le poème traduit





Setlist de ce show : w/ Booker T and The MG's ; 07-15-1993, Forum Assago, Milan, Italy

Mr. Soul / The Loner / Southern Man / Helpless / Like A Hurricane / Motorcycle Mama / Love To Burn / Separate Ways / Change Your Mind / Powderfinger / Only Love Can Break Your Heart / Harvest Moon / The Needle And The Damage Done / Live To Ride / Down By The River / Rockin' In The Free World / All Along The Watchtower
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Groupe :

Neil Young : vocals, guitar, harmonica, piano
Booker T. Jones : organ, synthesizer, vocals
Steve Cropper : guitar
Donald Duck Dunn : bass
Jim Keltner : drums
Astrid Young : backup vocals
Annie Stocking : backup vocals