Homepage

 


Neil Young - Prairie Wind 2005 (compte-rendu)




LE VENT DE LA PRAIRIE

La palette du vent est forte ; rien ne stoppe
Sa persistance sur la prairie, même pas
Hangars ou silos exotiques en trépas.
Le beau potager moud ses couleurs en métope.

Le drap s’arrache, rejoint les autres suaires
Dans le ciel tourmenté. Je recherche mon rêve
Là où ces drôles de nuages vont sans trêve
Dans mes yeux envers de florissants estuaires.

Roulant dans les graminées, mes rêves se muent
En faits ! Et je perds l’équilibre de la vie
Tonitruante. Nul besoin pour ma survie
De me blottir dans les Archives qui remuent.

Je me dédouble pour mieux régner. L’exigence
Est ma prouesse. La perfection est un arc
Que seul son maître sait bander ; ça se remarque
Au simple déplacement d’un doigt qui s’agence.

Le franc rouleau a bien aplani la semaine.
Alors la graine couplée à ce sol prospère
Répand de l’espérance. Si l’ami repère
De la nostalgie, il se trompe de domaine.

Je roule à l’infini - fleurissant mes cheveux -
Comme une chanson en boîte des temps hippies.
J’arrime la lune éraflée d’utopies -
Ou d’odes impures criées par des nerveux.

La lune est comme une séculaire guitare.
Elle montre les griffures des ongles du temps
Et de la mémoire des éminents printemps
Qui ont illuminé beaucoup plus qu’un hectare.

Il est normal que la crème, qui a marqué
Nos lèvres, revienne décorer cette boule -
Revêtue d’une cape étoilée - qui déboule
Avant de retourner dans son écrin musqué.

L’imparfait est maudit pour certains rois défunts.
Tel un aïeul céleste roulant un orage
Rose, je fête The Loner sur mon tirage
Blanc, car il noie les effigies et les emprunts.

*

Denis Between The Rusty Words
(Samedi 5 novembre 2005)
© IDDN 2005

Le texte traduit